Corruption au Parlement européen: le ministre qatari du Travail, au cœur de luttes intestines de pouvoir
Le nom dAli ben Samikh Al-Marri est cité dans le dossier de corruption au Parlement européen.
Par Pauline Hofmann
Le dernier jour du Mondial a dû avoir un goût amer à Doha. Les craintes du Qatar se sont justifiées : il ny a eu aucun temps mort sur les polémiques qui ont démarré dès le lendemain de lattribution de la compétition. Depuis dix jours, une enquête pour corruption au Parlement européen vise le Maroc et lémirat gazier. Avec un nom, côté qatari, qui revient : Ali ben Samikh Al-Marri. Le gouvernement qatari, qui a pourtant démenti le scandale, enquête dailleurs sur limplication du ministre du Travail dans laffaire. « Nous rejetons fermement les allégations qui associent notre gouvernement à des comportements répréhensibles », a indiqué un diplomate qatari ce dimanche. « Dans le cadre de la politique diplomatique du Qatar à létranger, nous exigeons que tous nos représentants respectent les lois locales des pays dans lesquels ils opèrent. »
Ali ben Samikh Al-Marri est depuis un an le visage de lémirat sur les droits des travailleurs migrants. Cest lui qui a écumé les parlements, les contacts diplomatiques, en Belgique et ailleurs, pour faire valoir la « bonne parole » qatarie, martelant les réformes menées depuis cinq ans. Sans détour, il a su se faire virulent pour parler dune campagne de « diffamation » aux relents racistes, en novembre, pointant directement Le Canard enchaîné.
« Je suis un militant »
« Je suis un militant », jurait le ministre qatari du Travail devant la sous-commission Droits de lHomme au Parlement européen en novembre. Souvent présenté comme un membre de la « société civile qatarie », Ali ben Samikh Al-Marri a été à la tête du Comité national des droits de lHomme au Qatar pendant une décennie. Dans un pays au droit dassociation et à la liberté dexpression extrêmement limités, cette instance est proche du régime. Au Qatar, les prises de position politiques en dehors du cadre officiel sont quasiment impossibles. Lors des visites à Doha organisées par les autorités, le Comité national des droits humains fait partie des arrêts obligatoires.
Développant les positions qataries, Ali ben Samikh Al-Marri sest spécialisé dans les droits humains auprès de nombreuses institutions internationales où il a siégé, comme à la Ligue arabe ou encore au Forum Asie-Pacifique. Des membres dorganisations internationales le décrivent comme maîtrisant son dossier, ouvert (au regard des standards qataris).
En octobre 2021, il a obtenu le portefeuille de ministre du Travail dans un pays qui avait entamé en 2016-2018 une série de réformes du droit du travail. Si des réformes ont effectivement été adoptées, toutes les organisations internationales, y compris lOrganisation internationale du travail (OIT), mais aussi Ali ben Samikh Al-Marri, admettent quelles ne sont pas totalement mises en œuvre (les ONG estiment que les failles sont béantes, le ministre qatari estimant « naturel » que du travail reste à faire).
Un progressiste au Qatar
Difficile à concevoir vu dici, mais au Qatar, Ali ben Samikh Al-Marri est un progressiste, parmi les plus enclins à améliorer les conditions de travail dans lémirat. Son ministère collabore régulièrement avec des représentants de travailleurs ainsi quavec lOIT, une branche de lONU. Pour autant, le ministre a toujours refusé de créer un fonds dindemnisation pour les victimes des chantiers du Mondial, malgré les demandes répétées des ONG comme Human Rights Watch et Amnesty International. De même, il na à aucun moment laissé entendre quil embaucherait davantage dinspecteurs du travail, à même de traquer les multiples abus dans lémirat.
Mais face à ce camp, les plus conservateurs de lémirat sont autrement plus impitoyables. Le ministère de lIntérieur, tenu par le Premier ministre Khaled ben Khalifa ben Abdelaziz Al-Thani, a la réputation dêtre sans merci auprès des travailleurs accusés de « fuite » par leurs employeurs, risquant la déportation.

Cest donc Ali ben Samikh Al-Marri qui a été dépêché auprès des institutions européennes. Le 14 novembre dernier, il a été entendu en sous-commission Droits de lHomme au Parlement européen, où siègent Marc Tarabella et Andrea Cozzolino, cités dans lenquête. A ses côtés, on trouvait également des représentants de Human Rights Watch, de lOIT et dun syndicat international. Fin octobre, il avait rencontré à Doha la vice-présidente du Parlement européen, Eva Kaili, aujourdhui destituée de ses fonctions et inculpée dans laffaire. Plus tôt, en mai, cest la présidente du Parlement européen, Roberta Metsola, qui lavait reçu à Bruxelles.
Un membre de sa famille, spécialiste de la lutte contre la corruption
Dans cette société tribale, Ali ben Samikh Al-Marri peut compter sur un illustre cousin, qui a passé des années au sommet du pouvoir. Ali ben Fetais Al-Marri a pendant 19
ans été procureur général du Qatar, avant dêtre écarté de son poste en juin 2021, quelques mois seulement avant la nomination dAli ben Samikh au ministère du Travail. En 2019, le média suisse 24 Heures épinglait sa riche demeure à Genève, sans compter son hôtel particulier à Paris. Deux plaintes le concernent, lune pour détention arbitraire de la part dun Français, lautre pour blanchiment dargent. Mais Ali ben Fetais Al-Marri est toujours très actif dans la lutte contre la corruption : en octobre dernier, son mandat davocat spécial pour la lutte anti-corruption aux Nations unies a été renouvelé.
Ali ben Samikh Al-Marri est aussi lié à un autre scandale explosif, en France celui-là. Cette affaire à tiroirs entoure Nasser Al-Khelaïfi, « NAK », le patron qatari du PSG et de BeIn Media group, très proche de lémir. Au beau milieu de ces barbouzeries dans le club parisien, on retrouve le lobbyiste franco-algérien Tayeb Benabderrahmane, réputé proche dAl-Marri. Selon Le Monde, celui qui était alors président du Comité qatari des droits de lHomme « laurait chargé denquêter sur déventuelles failles que NAK pourrait offrir aux ennemis du Qatar ». Tayeb Benabderrahmane qui a déposé plainte contre X pour torture et séquestration ainsi quextorsion et complicité, après un emprisonnement de plusieurs mois au Qatar en 2020. Il aurait eu en sa possession des clés USB compromettantes pour Nasser Al-Khelaïfi.
Dans les multiples affaires qui secouent la baie de Doha, le nouvel épisode qui a démarré à Bruxelles ne peut faire quenvenimer la guerre des clans dans lémirat.
Le Qatar met la pression sur la Belgique
Par Pauline Hofmann
Le Qatar nentend pas se laisser faire. Accusé davoir corrompu des membres du Parlement européen, lémirat sen est pris ce dimanche à la Belgique, dont la justice gère les enquêtes. « Le Qatar et la Belgique ont entretenu une relation étroite et collaborative », a tenu à rappeler un diplomate qatari. « Nos nations ont coopéré pendant la pandémie de covid-19, et le Qatar est un important fournisseur de gaz naturel liquéfié pour la Belgique. Le Qatar fournit également un soutien essentiel à la Belgique pour lévacuation continue de ses ressortissants dAfghanistan. » Fin novembre, la ministre belge des Affaires étrangères, Hadja Lahbib (MR), sétait rendue dans lémirat, saluant un dialogue franc avec les autorités.
« Malgré lengagement du Qatar à développer davantage ce partenariat, il est profondément décevant que le gouvernement belge nait fait aucun effort pour sengager auprès de notre gouvernement afin détablir les faits dès quil a eu connaissance des allégations », a critiqué dimanche ce diplomate. « Nous ne commentons pas les dossiers judiciaires en cours. La justice fait son travail »,
rappelle le cabinet de la ministre des Affaires étrangères belge, soulignant le principe de séparation des pouvoirs.
La semaine dernière, le Parlement européen a adopté à la quasi-unanimité une résolution dénonçant « dans les termes les plus forts les tentatives supposées du Qatar dinfluencer » des (ex-)membres du Parlement européen « par des actes de corruption ». Les eurodéputés ont demandé « instamment la suspension des titres daccès des représentants dintérêts qatariens » le temps des enquêtes judiciaires, une décision qui doit être avalisée par la présidente du Parlement européen, Roberta Metsola.
« La décision dinterdire exclusivement les représentants dune seule nation au Parlement européen démontre que les députés européens ont été considérablement trompés », estime le diplomate. « Il est regrettable que certains aient agi sur la base de préjugés préconçus à lencontre du Qatar et aient porté des jugements fondés sur les informations inexactes contenues dans les fuites, au lieu dattendre la conclusion de lenquête et la présentation de lensemble des preuves. Le Qatar nétait pas la seule partie citée dans lenquête, mais notre pays a été exclusivement critiqué et attaqué. »
Le soir, 18/12/2022
Scandale de corruption: entre le Maroc et lUnion européenne, des centaines de millions deuros et un territoire contesté
Pourquoi le Maroc aurait-il corrompu des membres du Parlement européen ? Le Maroc et lUE sont des partenaires particuliers, où les politiques se négocient en centaines de millions deuros. Au milieu des discussions, Rabat se cherche des alliés sur le Sahara occidental.
Par Pauline Hofmann
Les jours passent et lenquête sur les soupçons de corruption au Parlement européen se décale de plus en plus vers le Maghreb. Au-delà du Qatar, les enquêteurs sintéressent aux réseaux dinfluence (ou dingérence) marocains de Pier Antonio Panzeri, décrit comme le « Monsieur Maroc du Parlement européen » par des sources parlementaires. Contrairement au Qatar, il nest pas ici uniquement question dalliance et dimage, mais aussi dun territoire contesté et de centaines de millions deuros daides. Rabat a effectivement grand intérêt à rallier les institutions de Bruxelles à ses causes.
Ces dernières années, le Maroc a dû jubiler en concluant avec lUnion européenne des accords commerciaux, notamment sur lagriculture et la pêche. Rien de bien excitant, à première vue. Mais au cœur des textes ressurgissait léternelle dispute sur le Sahara occidental, appelé « provinces du sud » au Maroc. Cet immense territoire, grand comme huit fois la Belgique, est disputé par les Marocains et les Sahraouis depuis la fin de la colonisation espagnole en 1975. Le Front Polisario, mouvement indépendantiste sahraoui, est soutenu par lAlgérie voisine et lONU qui, mandatée pour dénouer ce sac de nœuds diplomatique, na jamais réussi à avancer sur le dossier.
En 2019, lUnion européenne a donc conclu avec le Maroc des accords commerciaux incluant le Sahara occidental… Une victoire diplomatique pour Rabat, qui voyait ainsi lUE reconnaître implicitement son contrôle du territoire sahraoui.
Des accords invalidés
Mais ces accords ont aussi vite été déclarés illégaux par la Cour de justice de lUnion européenne. Cette dernière rappelait notamment que le Sahara occidental a un statut séparé et distinct et jugeait que le consentement du peuple sahraoui navait pas été obtenu par lUE. Bref, que ni le Maroc ni lUE navaient le mandat pour négocier des accords incluant le Sahara occidental. Selon les estimations de la Commission européenne, on parle de 500 millions deuros de biens exportés de la région vers lUnion européenne. Pas vraiment des cacahuètes.
Mais la bataille nest pas finie. « Depuis que Donald Trump a reconnu la marocanité du Sahara occidental fin 2020, la diplomatie marocaine sest durcie. Rabat estime que le point de vue marocain peut être suivi par dautres partenaires, les pays européens en tête », souligne Brahim Oumansour, directeur de lObservatoire du Maghreb à lIRIS.
Partenaires particuliers
Au-delà de ce territoire disputé, le Maroc reçoit également des centaines de millions deuros daide. En 2019, toujours, la Commission européenne a donné son feu vert pour pas moins de 389 millions deuros pour « soutenir les réformes, le développement inclusif et la gestion des frontières et dœuvrer au développement dun Partenariat euro-marocain pour une prospérité partagée ». Ces dernières années, les montants daide bilatérale au Maroc ont « considérablement augmenté », pointe une source européenne.
Mais le Maroc a aussi eu un œuf à peler avec lUE. Le scandale Pegasus a jeté un froid : le Maroc est soupçonné davoir espionné des centaines de ressortissants européens. Et non des moindres, puisque le président du Conseil européen Charles Michel avait été sélectionné pour faire partie des cibles du logiciel espion Pegasus. Depuis avril de cette année, une commission denquête du Parlement européen tente de faire la lumière sur une partie du scandale. Parmi les eurodéputés impliqués dans ce travail… Eva Kaili, la Grecque actuellement inculpée.
Mais le travail est complexe… et épargne dores et déjà le Maroc, puisque les eurodéputés ne sintéressent quà lutilisation du spyware par les Etats membres. Leur mandat ne leur permet pas daller regarder du côté des donneurs dordre de lautre côté de la Méditerranée.
Les pays européens (et donc les institutions européennes) ne peuvent en réalité pas froisser très longtemps Rabat, qui a notamment entre ses mains les clés migratoires de lAfrique subsaharienne. « Avec lAlgérie, le pays joue un rôle pivot pour lutter contre le terrorisme, le trafic, le crime organisé, les flux migratoires… Rabat est un partenaire majeur pour lUnion européenne », conclut Brahim Oumansour. Et Rabat est accusé par ses détracteurs de chantage migratoire, douvrir ses portes vers les enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla en cas de contrariété diplomatique. La réaction européenne au scandale de corruption sera observée de près.
https://www.lesoir.be/483610/article/2022-12-16/scandale-de-corruption-entre-le-m aroc-et-lunion-europeenne-des-centaines-de?referer=%2Farchives%2Frecherche%3Fd atefilter%3Dlastyear%26sort%3Ddate%2Bdesc%26start%3D20%26word%3DMaroc
Les barbouzeries du Maroc au cœur du dossier de corruption au Parlement européen
Une même organisation criminelle, utilisée pour des motifs différents par les Etats du Qatar et du Maroc. Le dossier de corruption présumée au Parlement européen établit une « Maroc connection » entre Pier Antonio Panzeri et les services secrets du royaume.
Par Joël Matriche , Louis Colart et Kristof Clérix («Knack»)
Avant le Qatar, le Maroc. Cest parce que, dans une enquête initiée en 2021, elle soupçonnait des tentatives non seulement dingérence mais aussi de corruption au
cœur de lEurope par un pays tiers que la Sûreté de lEtat a, le 12 juillet dernier, partagé ses craintes avec le parquet fédéral. Le juge Michel Claise fut saisi et lenquête confiée à la police judiciaire fédérale et son Office central pour la répression de la corruption (OCRC). Même si le Qatar est pointé du doigt depuis le 9 décembre, suspecté davoir (ab)usé de son influence pour sattirer les bonnes grâces des gardiens de la démocratie européenne, le Maroc est lui aussi sur la feuille de route des enquêteurs.
Sur base de documents judiciaires, de diverses sources et dune enquête en sources ouvertes, Le Soir et Knack dévoilent de nouveaux éléments sur le rôle présumé du Maroc et de son service secret dans lingérence au Parlement européen (PE).
Dans le mandat darrêt européen émis le 9 décembre à lencontre de lépouse et de la fille de M. Panzeri, le juge explique ainsi quil suspecte M. Panzeri « dintervenir politiquement auprès de membres du Parlement européen au profit du Qatar et du Maroc, et ce contre rémunération ». Sous réserve explicite et évidente de la présomption dinnocence, les autorités belges se réfèrent au résultat découtes téléphoniques pour préciser que lépouse et la fille de M. Panzeri auraient
elles-mêmes participé au transport des « cadeaux » reçus de lambassadeur du Maroc en Pologne, Abderrahim Atmoun, un ami de M. Panzeri. Sollicités, ni M. Atmoun, ni lambassade du Maroc à Bruxelles nont donné suite.
Intense lobbying
Lintérêt du royaume chérifien pour M. Panzeri ne date pas dhier, apparaît-il de documents confidentiels diffusés entre 2014 et 2015 par un hacker qui se faisait appeler Chris Coleman. Dans une note « urgente » doctobre 2011 envoyée par la Mission marocaine auprès de lUnion européenne à Rabat, il est indiqué qu« en marge de la session plénière du Parlement à Strasbourg », un représentant au moins de la Mission a eu un « entretien informel » avec le conseiller de M. Panzeri, porteur dun message « à lattention des autorités marocaines ».
Lobjet de cette note est de préparer la visite que leurodéputé S&D Panzeri — alors président de la délégation Maghreb du PE — doit effectuer au Maroc deux semaines plus tard. Un délicat arrêt à Tindouf, où sont rassemblés plusieurs camps de réfugiés sahraouis, est prévu. Etape nécessaire pour préserver limage de neutralité de leurodéputé : « La visite de Tindouf est indispensable pour conforter la crédibilité de
M. Panzeri auprès de lAlgérie et du Polisario, après que celui-ci la accusé dêtre pro-marocain ». Le Front polisario lutte pour lindépendance du Sahara occidental.
En résumé, tout le monde est daccord, « il nest pas dans lintérêt du Maroc que M. Panzeri soit perçu comme tel (pro-marocain, NDLR). » Entretenant de bons rapports tant avec les Algériens que les Marocains, politicien accompli pouvant faire valoir « un agenda politique de longue haleine, mené (…) toujours avec tact et maîtrise », Antonio Panzeri, prévient la note diplomatique, « peut être un allié de poids ou un adversaire redoutable ».
Panzeri, « ami proche du Maroc »
Dans un autre câble, de janvier 2013 celui-là, la Mission auprès de lUE soumet à son propre gouvernement une feuille de route pour promouvoir les « intérêts du Maroc au sein du Parlement européen en 2013 ». Organisation de débats et séminaires, de visites guidées… Lobjet de ce plan de bataille est de « contrecarrer lactivisme croissant de nos adversaires au sein du PE ». Et, notamment, de garder un œil sur le rapport que leurodéputé britannique Charles Tannock, « connu pour ses positions pro-Polisario », doit rédiger sur la situation des droits de lhomme au Sahara occidental. Plusieurs stratégies sont au menu, mais la Mission entend bien « coordonner son action avec le président de la Délégation Maghreb au PE, M. Antonio Panzeri, ami proche du Maroc, afin de réduire le champ de nuisibilité que pourrait constituer le projet Tannock ».
Un pacte en 2019
Ce nest néanmoins que plusieurs années après ces actions de lobbying que les uns et les autres auraient décidé de passer à la vitesse supérieure.
En 2019, plus précisément. Année où Pier Antonio Panzeri nest pas réélu. Selon les aveux de son ex-assistant Francesco Giorgi devant la police fédérale belge puis devant le juge, lancien eurodéputé est dans une situation difficile. Panzeri aurait alors noué un pacte secret avec la DGED, les services de renseignement extérieurs du Maroc, par lintermédiaire du diplomate Atmoun. Ils se rendent plusieurs fois à Rabat. Questionné sur ce point, Me Laurent Kennes, avocat de M. Panzeri, répond « ne pouvoir faire de commentaire compte tenu de la détention de son client ». Atmoun, lhomme clé de la filière marocaine, cité dans le document transmis à la justice italienne, recevrait quant à lui ses ordres dun autre homme…
« Un type dangereux. » Cest en ces termes quun proche du dossier évoque Mohamed
B. Un agent secret de la DGED. Ce fonctionnaire serait lagent traitant du diplomate Abderrahim Atmoun. Depuis Rabat, Mohamed B. donnerait ses ordres.
Le Soir et Knack sont en mesure daffirmer que cet agent secret marocain avait déjà roulé sa bosse en France. Dans une affaire peu banale de trafic de « fiches S » (« S » pour sûreté de lEtat), des fichiers confidentiels censés aiguiller les forces de lordre françaises en les informant, par exemple, quuntel est connu pour radicalisme religieux, voire pour des faits de terrorisme. La plupart des fiches S sont émises par les services de renseignement intérieur français (la DGSI). Des informations essentielles pour un aéroport international.
Selon les informations de Libération, Mohamed B. a été, vers 2015-2016, le destinataire final « de 100 à 200 » fiches S, données par un capitaine de la Police aux frontières (PAF) basé à laéroport Paris-Orly. Lagent secret marocain, par lentremise dun troisième homme, directeur de sûreté aéroportuaire, aurait embobiné le policier français au point daspirer ces renseignements top secrets pour le compte du royaume chérifien.
La procédure judiciaire lancée en France a notamment démontré que Mohamed B. et son adjoint à Orly avaient invité à trois reprises le policier français et sa famille en vacances au Maroc. Billets davions et hôtels 4 étoiles compris, raconte le quotidien français. Le capitaine de la PAF avait encore été invité à un nouveau voyage par lagent de la DGED, cette fois en Ouganda, mais il sera arrêté juste avant le décollage.
Après cette histoire trouble, pour laquelle Mohamed B. na pas été poursuivi par la justice française, il disparaît des radars. Avant de réapparaître aujourdhui au grand jour dans le fracassant dossier de corruption au Parlement européen.
https://www.lesoir.be/483412/article/2022-12-16/les-barbouzeries-du-maroc-au-coe ur-du-dossier-de-corruption-au-parlement?referer=%2Farchives%2Frecherche%3Fdat efilter%3Dlastyear%26sort%3Ddate%2Bdesc%26start%3D40%26word%3DMaroc
Et soudain, on (re)découvre le Parlement européen
Mais pourquoi donc déverser tant dargent pour convaincre quelques députés dinfluer sur le vote dune résolution du Parlement européen ? La question revient avec une telle insistance quon se dit que le Qatar et le Maroc ont vu plus de potentiel et dimpact dans laction du Parlement et de ses élus que nombre de leurs électeurs et surtout des partis nationaux qui y envoient trop souvent des politiciens « fatigués », trublions ou faiseurs de voix jugés obsolètes.
Cest une évidence : la liste des candidats aux élections européennes recèle peu denjeu stratégique et suscite encore moins de passion. Limpression reste toujours aujourdhui que la « vraie » politique, celle qui va peser sur le score électoral du parti, marquer lopinion publique et faire la une des médias, se joue encore et toujours à domicile et pas dans les enceintes européennes.
Cest injuste pour le travail de fond accompli et pour les parlementaires qui travaillent à faire bouger les lignes de laction des exécutifs européens. A la façon, côté belge, de lex-Premier ministre libéral Guy Verhofstadt qui a souvent donné du lustre et de la voix à une institution trop discrète ou du chef de groupe des Verts Philippe Lamberts qui, en 2008, a pesé sur la gestion de la crise financière.
Le scandale de corruption mis au jour va forcer à tirer une série de leçons. Par linstitution tout dabord qui, par désintérêt (des députés européens et des partis nationaux qui les désignent), par déconnexion (des 450 millions dEuropéens qui les élisent pourtant directement), par entre-soi/arrogance/embourgeoisement (faut-il biffer une mention inutile ?) mène grand train, ne met pas en place les règles élémentaires de contrôle et bafoue celles, légères, qui existent. Sans la presse et la justice, cela aurait encore continué : aucun mécanisme de protection de léthique au Parlement na été « déclenché ». Ce jeudi, la présidente Metsola sest engagée sur de nouvelles mesures qui ne seront utiles que si elles passent dabord par un examen de conscience collectif.
Des leçons seront aussi à tirer par les partis nationaux qui doivent suivre de bien plus près lactivité de leurs députés « là-bas à lEurope » et vérifier leur respect de la gouvernance qui doit encadrer leurs comportements, déplacements et multiples engagements.
Lentre-soi européen est une source potentielle de bien des maux, rendant linstitution fragile aux prédateurs extérieurs. « La honte » de la corruption dévoilée cette semaine, exprimée par une députée à la tribune, aurait pu et dû être évitée.
Soupçons de corruption au Parlement européen: la plaque de l’ONG Fight impunity a disparu (photo)
Une enquête secoue le Parlement européen depuis près dune semaine suite à des révélations de possible corruption liée au Qatar et au Maroc. Une ONG, Fight impunity, est au cœur de ce scandale.
La plaque de lONG Fight impunity a disparu de la façade entre mercredi et jeudi. Cette organisation, créée en septembre 2019 par lancien député européen (de 2004 à 2019) Pier Antonio Panzeri, est au cœur dun scandale de corruption au Parlement européen au profit du Qatar et du Maroc.
Devant la police, puis le juge Michel Claise, Francesco Giorgi reconnaît avoir fait partie dune organisation utilisée à la fois par le Maroc et par le Qatar dans le but dingérer dans les affaires européennes. Le mandat darrêt de Francesco Giorgi a été confirmé mercredi par la chambre du conseil de Bruxelles.
Dès les premières révélations du Soir et de Knack le 9 décembre, quatre membres du conseil dadministration honoraire de Fight Impunity, lancien Premier ministre français Bernard Cazeneuve, lex-Haute représentante de lUE pour les Affaires étrangères Federica Mogherini, lex-Commissaire à lImmigration grec Dimitris Avramopoulo et la Suédoise Cecilia Wikström, députée européenne de 2004 à 2019 ont démissionné. Au même moment, les noms des cinq membres de léquipe permanente (dont Francisco Giorgi, le compagnon de lex-vice-présidente du Parlement européen Eva Kaili) ont mystérieusement disparu du site.
Soupçons de corruption au Parlement européen: le parquet fédéral en appel contre la surveillance électronique dun des suspects
Niccolo Figa-Talamanca a été maintenu en détention à laide dun bracelet électronique, a décidé la chambre du conseil de Bruxelles. Francesco Giorgi et Pier Antonio Panzeri ont vu quant à eux leur détention provisoire être prolongée dun mois.
Le parquet fédéral est allé en appel contre la décision de la chambre du conseil de Bruxelles de maintenir Niccolo Figa-Talamanca en détention à laide dun bracelet électronique, a indiqué jeudi Eric Van Duyse, le porte-parole du parquet fédéral.
Niccolo Figa-Talamanca reste en prison et comparaîtra devant la chambre des mises en accusation dans les quinze jours.
Quatre prévenus devaient comparaître mercredi devant la chambre du conseil de Bruxelles dans le cadre de lenquête sur des soupçons de corruption en lien avec le Qatar au sein du Parlement européen. Il sagit dEva Kaili, Francesco Giorgi, Pier Antonio Panzeri et Niccolo Figa-Talamanca.
Concernant Eva Kaili, laffaire a été reportée au 22 décembre, contrairement aux trois autres prévenus, qui ont vu leur détention provisoire être prolongée dun mois par la chambre du conseil, même Niccolo Figa-Talamanca, placé sous bracelet électronique.
Les avocats de Francesco Giorgi et Pier Antonio Panzeri, Maîtres Laurent Kennes et Pierre Monville, nont pas encore fait savoir sils allaient faire appel de la décision. Ils ont décidé de ne pas faire de déclaration à la presse pour le moment.
Maître Kennes a exprimé son mécontentement concernant la quantité dinformations sur lenquête parues dans la presse. Ce jeudi, nos révélations dans Le Soir et Knack évoquaient des aveux de Francesco Giorgi, le compagnon dEva Kaili, vice-présidente du Parlement européen, désormais suspendue. Lhomme a reconnu être impliqué dans une affaire de corruption et dingérence de la part du Maroc et du Qatar. Il affirme également que Pier Antonio Panzeri, ancien député européen italien, serait à la tête de lorganisation présumée.
« Je constate que la presse a plus dinformations que les avocats », a fustigé Me Kennes, soulignant quil sagissait d« une violation du secret de linstruction. » De son côté, le parquet fédéral regrette également les fuites dans la presse, ajoute son porte-parole.
https://www.lesoir.be/483399/article/2022-12-15/soupcons-de-corruption-au-parlem ent-europeen-le-parquet-federal-en-appel-contre?referer=%2Farchives%2Frecherche% 3Fdatefilter%3Dlastyear%26sort%3Ddate%2Bdesc%26start%3D60%26word%3DMaro c
Qatarsis
Cela faisait des dizaines dannées que les parlementaires européens se grattaient la tête : comment diable intéresser les citoyens européens à leur assemblée ? Lélection directe des députés, lextension des compétences, lexamen de passage des nouveaux commissaires devant lassemblée, aucune de ces initiatives na retenu lattention. Disons-le franchement : personne nen a rien à faire de ce que disent, votent, pensent ou discutent les parlementaires européens. Cest brouillard permanent au-dessus du Caprice des dieux…
A part quelques réflexions désabusées sur leurs salaires et leurs avantages, on ne savait pas très bien à quoi ils servaient et, à vrai dire, on sen fichait.
On comprend donc linitiative audacieuse dune poignée dentre eux et de quelques ex pour secouer le cocotier. Résultat, depuis la découverte du Qatargate à Bruxelles, ses animateurs sont devenus des stars mondiales. Mbappé, Messi, Modric, Boufal, toutes les icônes qui paradaient sur les terrains de Doha ont disparu des écrans.
Remplacées par une vice-Présidente du Parlement au profil de femme fatale, Eva Kaili, son élégant compagnon, son pauvre papa, une poignée de députés et peut-être quelques autres comparses qui vont sortir des coulisses pour le final.
Aucune agence de communication naurait réussi pareil coup ! On espère que les services du Parlement européen récompenseront à leur juste valeur ces génies, dautant que malgré leurs efforts, ils risquent des fins de mois difficiles car les poulagas ont fait main basse sur leur épargne. Jusquà ce que la justice belge efface ces horribles préventions et leur rende leurs valises de billets avec les excuses du ministre de la Justice.
Triste sort pour les bienfaiteurs
Eva Kaili était un bon choix. Qui, mieux quune élue grecque, peut expliquer la catharsis, cest-à-dire la séparation du bien et du mal, une notion qui vient de Platon et Aristote. La catharsis permet la purge qui prépare le corps à lélévation de lâme et sa purification. Les flics belges ny ont évidemment rien compris. Lexplication est pourtant simple : pour purger leur âme des humeurs mauvaises nées de leur sentiment de culpabilité après avoir manipulé les dirigeants de la Fifa pour décrocher la Coupe du Monde de foot, fait exploser les normes environnementales en construisant leurs stades déments et ridiculisé les conventions internationales qui garantissent les conditions de travail, les autorités qataries ont eu besoin de purger leur âme. Doù lappel à Madame Kaili qui a investi le prix payé pour cette catharsis
dans la promotion du Parlement dont elle était vice-présidente. Et comment la remercie-t-on ? En la mettant en prison…
Triste sort de tous les bienfaiteurs de lhumanité en avance sur leur temps.
https://www.lesoir.be/art/d-20221216-3ZP60J?referer=%2Farchives%2Frecherche% 3Fdatefilter%3Dlastyear%26sort%3Ddate%2520desc%26word%3Dqatargate
«Je dirais même plus»: Qatarsis
Eva Kaili incarnait la personne idéale pour aider les dirigeants qataris à faire une catharsis. La justice belge en a décidé autrement.
Cela faisait des dizaines dannées que les parlementaires européens se grattaient la tête : comment diable intéresser les citoyens européens à leur assemblée ? Lélection directe des députés, lextension des compétences, lexamen de passage des nouveaux commissaires devant lassemblée, aucune de ces initiatives na retenu lattention. Disons-le franchement : personne nen a rien à faire de ce que disent, votent, pensent ou discutent les parlementaires européens. Cest brouillard permanent au-dessus du Caprice des dieux…
A part quelques réflexions désabusées sur leurs salaires et leurs avantages, on ne savait pas très bien à quoi ils servaient et, à vrai dire, on sen fichait.
On comprend donc linitiative audacieuse dune poignée dentre eux et de quelques ex pour secouer le cocotier. Résultat, depuis la découverte du Qatargate à Bruxelles, ses animateurs sont devenus des stars mondiales. Mbappé, Messi, Modric, Boufal, toutes les icônes qui paradaient sur les terrains de Doha ont disparu des écrans.
Remplacées par une vice-Présidente du parlement au profil de femme fatale, Eva Kaili, son élégant compagnon, son pauvre papa, une poignée de députés et peut-être quelques autres comparses qui vont sortir des coulisses pour le final.
Aucune agence de communication naurait réussi pareil coup ! On espère que les services du parlement européen récompenseront à leur juste valeur ces génies,
dautant que malgré leurs efforts, ils risquent des fins de mois difficiles car les poulagas ont fait main basse sur leur épargne. Jusquà ce que la justice belge efface ces horribles préventions et leur rende leurs valises de billets avec les excuses du ministre de la Justice.
Triste sort pour les bienfaiteurs
Eva Kaili était un bon choix. Qui, mieux quune élue grecque, peut expliquer la catharsis, cest-à-dire la séparation du bien et du mal, une notion qui vient de Platon et Aristote. La catharsis permet la purge qui prépare le corps à lélévation de lâme et sa purification. Les flics belges ny ont évidemment rien compris. Lexplication est pourtant simple : pour purger leur âme des humeurs mauvaises nées de leur sentiment de culpabilité après avoir manipulé les dirigeants de la Fifa pour décrocher la Coupe du Monde de foot, fait exploser les normes environnementales en construisant leurs stades déments et ridiculisé les conventions internationales qui garantissent les conditions de travail, les autorités qataries ont eu besoin de purger leur âme. Doù lappel à Madame Kaili qui a investi le prix payé pour cette catharsis dans la promotion du parlement dont elle était vice-présidente. Et comment la remercie-t-on ? En la mettant en prison…
Triste sort de tous les bienfaiteurs de lhumanité en avance sur leur temps.
https://www.lesoir.be/482974/article/2022-12-16/je-dirais-meme-plus-qatarsis?refer er=%2Farchives%2Frecherche%3Fdatefilter%3Dlastyear%26sort%3Ddate%2520desc
%26word%3Dqatargate
Soupçons de corruption au Parlement européen: une partie des billets de banque saisis ont été retirés en Belgique
Une partie des billets saisis dans le cadre de lenquête sur les soupçons de corruption du Parlement européen par le Qatar a été retirée en Belgique. Cet élément pourrait permettre de retrouver la banque concernée, et ainsi le compte bancaire.
Les liasses de billets – 1,5 million deuros en tout – saisies lors des perquisitions du Qatargate occupent en grande partie le travail des enquêteurs. Une partie a été retirée en Belgique, écrit LEcho dans son édition de mercredi.
Toujours selon les informations de LEcho, que le parquet na pas commentées ni
confirmées, une grande partie de ces billets – 1,5 million deuros au total, comme nous lavions écrit ce mardi – sont considérés comme neufs, encore sous bande plastique, et fraîchement émis. Enfin, une partie de ces billets ont été émis en Belgique, alors que le reste est encore à létude.
Il sagit dun point important, car il pourrait permettre une franche avancée de lenquête. En connaissant le lieu démission, il sera facile de retrouver la banque où ont été retirées les liasses, et donc le compte bancaire et lidentité de la personne qui sest chargée du retrait.
Et ainsi, celle des personnes sur lesquelles pèseront des soupçons de corruption active. En parallèle, les empreintes digitales figurant sur les billets seront analysées et comparées à celles des inculpés ou dautres personnes entendues. Ces expertises nécessiteront toutes plusieurs semaines.
https://www.lesoir.be/482935/article/2022-12-14/soupcons-de-corruption-au-parlem ent-europeen-une-partie-des-billets-de-banque?referer=%2Farchives%2Frecherche%3 Fdatefilter%3Dlastyear%26sort%3Ddate%2520desc%26word%3Dqatargate
Soupçons de corruption par le Qatar: avec laffaire Eva Kaili, le Pasok grec craint que resurgissent ses démons…
Laffaire du « Qatargate », comme lont surnommée les médias grecs, met le Pasok dans une position délicate à quelques mois des élections législatives. La gestion de ce scandale risque débranler limage du parti.
Etiquettes vertes autour du cou, les militants et cadres du Pasok sont réunis, ce dimanche, à Athènes pour un comité central censé présenter le programme et la stratégie du parti social-démocrate grec avant les élections législatives prévues au printemps 2023. Mais depuis les révélations du Soir, le nom dEva Kaili,
lex-vice-présidente du Parlement européen, fait trembler le Pasok. Nikos Androulakis, lui aussi député européen et élu à la tête du Pasok en décembre 2021, a donc décidé de se montrer offensif et incorruptible dans son discours : « Je ne transigerai pas avec des pratiques qui ont nui aux gens du parti dans le passé. Je naccepterai pas la moindre ombre de soupçon en matière de transparence. Je ne permettrai à personne de ternir le nouveau cours du Pasok », a-t-il tempêté. Histoire de bien dire que le Pasok en a fini avec ses vieux démons…
Pourtant, face à ce « Qatargate », au comité central, un jeune militant qui refuse de donner son nom soupire : « Le parti ne peut pas tolérer la moindre corruption. Mais nous marchons sur un fil… » Car, dans le passé, différents membres du Pasok ont déjà été soupçonnés de tremper dans des affaires de corruption (par exemple le scandale Novartis, une affaire de surfacturation de médicaments contre le versement de pots-de-vin, ou encore laffaire Siemens, dans laquelle lentreprise allemande aurait graissé la patte de cadres du Pasok pour remporter un marché avec la compagnie nationale délectricité). Selon la dernière enquête Eurobaromètre, pour 98 % des Grecs, la corruption est « répandue » dans le pays, contre 68 % en moyenne dans les Etats membres de lUnion européenne. En outre, limage du Pasok sest dégradée depuis 2010, lorsquil a été le premier parti à signer un accord de prêt avec la Banque centrale européenne, lUnion européenne et le Fonds monétaire international. Le pays était alors au bord du défaut de paiement, les mesures structurelles réclamées par les créanciers ont appauvri la population. Il sensuivit une dégringolade des sociaux-démocrates en terre hellène.
Une opposante interne
Depuis son arrivée à la tête du parti, Nikos Androulakis séchinait à changer cette image. Il semblait convaincre, à en croire Panayiotis Iliopoulos, 18 ans, militant depuis un an, qui souligne : « Le Pasok est le parti le plus proche des gens. » Dans les sondages, le parti grappillait régulièrement quelques points dintentions de vote.
Autant dire que l’affaire Eva Kaili vient jouer les trouble-fête.
En réalité, entre Eva Kaili et la direction du parti, il y avait de leau dans le gaz depuis longtemps. Lorsquil a été révélé, à lété, que le téléphone portable de M. Androulakis avait été mis sur écoute par les services de renseignement grecs et infiltré par Predator, Mme Kaili a publié une tribune pour amenuiser lhistoire. Des sources internes au Parlement européen confient également au Soir quelle a agi en coulisses pour éviter une enquête en Grèce de la commission Pega du Parlement européen, qui enquête sur les écoutes dans lUE. « Nikos Androulakis lavait déjà avertie quelle ne serait plus candidate au titre du Pasok », livre une source du Pasok. Ajoutant : « Quand, après son voyage au Qatar, elle avait prononcé son discours expliquant que ce pays est un chef de file en matière de droits du travail, Nikos Androulakis a tout de suite pris ses distances, rappelant quelle nexprimait que son opinion, et pas la ligne du Pasok, ni du groupe S&D. »
Le rappel à lordre dAndroulakis avait une visée électoraliste interne. A lapproche des élections législatives de 2023, trois lignes existent dans le Pasok : celle favorable à une alliance avec le parti actuellement au pouvoir, ND, bien quun scandale découtes téléphoniques ait lieu pendant son mandat actuel, frappant Nikos Androulakis ; celle
prônant lalliance avec le parti de gauche Syriza ; la troisième, incarnée par Androulakis, pour le « ni ni ». Un cadre du Pasok livre : « Kaili était pour la première voie. » En prononçant son exclusion, le Président du Pasok vient donc de réaliser un coup double : se séparer dune opposante interne et envoyer un signal de fermeté et dhonnêteté dans son parti, comme à lopinion publique.
https://www.lesoir.be/482444/article/2022-12-11/soupcons-de-corruption-par-le-qat ar-avec-laffaire-eva-kaili-le-pasok-grec-craint?referer=%2Farchives%2Frecherche%3F datefilter%3Dlastyear%26sort%3Ddate%2520desc%26word%3Dqatargate
Corruption au Parlement européen: les aveux dun inculpé
Le compagnon de leurodéputée Eva Kaili, Francesco Giorgi, est en aveux de corruption et dingérence au service du Maroc et du Qatar. Il implique Marc Tarabella dans une audition. Ce dernier nie toute corruption.
Le premier interpellé dans la vaste opération anti-corruption lancée vendredi par le parquet fédéral est passé à table devant les policiers et le juge dinstruction belges. Francesco Giorgi, lun des hommes clés du dossier présumé de corruption et dingérence au Parlement européen, en couple avec leurodéputée grecque Eva Kaili, est en aveux, selon des documents judiciaires consultés par Le Soir et La Repubblica.
Devant la police, puis le juge Michel Claise — qui la inculpé et écroué le week-end dernier pour corruption, blanchiment et comme membre dune organisation criminelle
— Francesco Giorgi reconnaît avoir fait partie dune organisation utilisée à la fois par le Maroc et par le Qatar dans le but dingérer dans les affaires européennes. Le mandat darrêt de Francesco Giorgi a été confirmé mercredi par la chambre du conseil de Bruxelles.
Le compagnon dEva Kaili, elle aussi inculpée et écrouée (elle ne passera en chambre du conseil que le 22 décembre prochain), affirme que Pier Antonio Panzeri,
lex-eurodéputé italien, serait bel bien le chef de cette organisation présumée.
Giorgi, le gérant du cash
Contacté par nos soins, lavocat de Pier Antonio Panzeri répond quil « ne dispose pas de ces informations » : « Ma seule réaction est quil est extraordinaire, alors que nous navons pas accès à cette pièce, que vous y ayez accès. Cest une violation du secret de linstruction qui pollue cette instruction », condamne Me Laurent Kennes.
Dans ses aveux, Francesco Giorgi reconnaît que son rôle dans « lorganisation » était de gérer largent liquide.
Tarabella nie avoir reçu de largent
Ces aveux ne sarrêtent pas là. Selon ces mêmes documents, Francesco Giorgi soupçonne deux personnes davoir touché de largent via M. Panzeri : les eurodéputés (groupe S&D) italien Andrea Cozzolino et belge Marc Tarabella.
Le socialiste a été perquisitionné à son domicile samedi soir en présence de la présidente du Parlement européen, Roberta Metsola, comme lont révélé Le Soir et Knack dimanche.
« M. Tarabella nentend pas commenter de supposés éléments denquête », réplique mercredi soir son conseil, Me Maxim Töller. Marc Tarabella « se tient à la disposition de la justice. Il nie totalement avoir jamais reçu la moindre proposition, ni la moindre somme dargent de qui que ce soit ». Une ligne quil avait déjà tenue lundi dans un entretien publié par Le Soir et Knack.
Questionné sur le fait davoir, oui ou non, reçu des cadeaux ou de largent dans cette affaire, M. Cozzolino na pas répondu à notre courriel.
Giorgi nimplique pas Marie Arena
Interrogé sur ses aveux et ces accusations envers, entre autres, Marc Tarabella, lavocat de Francesco Giorgi « invite à la plus grande prudence » dans ce que nous pourrions écrire, précisant sans détailler que « les choses sont plus nuancées que ce qui vous a été rapporté ».
Toujours interrogé sur des suspects qui auraient pu recevoir de largent de la part de Pier Antonio Panzeri, linculpé Giorgi indique enfin ne rien savoir au sujet de Marie Arena, dont il croit en lintégrité.
Les services secrets marocains suspectés d’ingérence
Les mêmes acteurs du milieu européen auraient été en contact tantôt avec le Qatar, tantôt avec le Maroc, afin de corrompre le fonctionnement du Parlement.
Soupçonné dans le mandat darrêt européen qui a été lancé le 9 décembre à lencontre de lépouse et la fille de lex-parlementaire S&D Antonio Panzeri dêtre « intervenu politiquement auprès de députés européens en faveur du Qatar et du Maroc, contre paiement », le Maroc est concerné dans ce dossier de potentielle corruption par son service de renseignements extérieurs, la DGED — Direction générale des études et de la documentation. Cest ce quil ressort de documents quont pu consulter Le Soir et La Repubblica.
Selon ces documents, Antonio Panzeri, leurodéputé S&D Andrea Cozzolino et lassistant Francesco Giorgi — partenaire de la vice-présidente déchue Eva Kaili — auraient été en contact avec la DGED et avec Abderrahim Atmoun, ambassadeur du Maroc en Pologne. M. Cozzolino et lambassade du Maroc en Pologne, de même que les avocats de M. Panzeri et de M. Giorgi, ont été sollicités par Le Soir et Knack mais nont pas souhaité réagir.
Outre M. Atmoun, deux agents du service de renseignement marocain sont cités dans ce document mais Le Soir na pas été en mesure de les contacter.
Ces représentants de lEtat du Maroc seraient donc en relation soutenue avec des personnes déjà suspectées de corruption active ou passive dans le volet qatarien de cette enquête judiciaire belge. Autrement dit, la même équipe serait en affaires avec deux donneurs dordres différents mais qui ont en commun, même si ce nest pas avec les mêmes objectifs, dinfiltrer le cœur de la démocratie européenne.
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Le Qatar soupçonné de corruption: la présidente du Parlement européen annonce des réformes
La Maltaise indique quil y aura passage en revue du code de conduite et des obligations de déclaration de cadeaux reçus.
La présidente du Parlement européen Roberta Metsola sest adressée jeudi matin aux chefs dEtat et de gouvernement des 27, rassemblés à Bruxelles pour un sommet dune journée. La Maltaise, secouée ces derniers jours par le scandale de corruption présumée qui touche son institution, a indiqué ensuite en conférence de presse avoir reçu « beaucoup de marques de soutien » de la part des dirigeants « par rapport à la manière dont le Parlement a géré laffaire jusquici ».
La confiance « doit être reconstruite, et ce travail commence maintenant ». « Nous devons rectifier les choses et envoyer le message fort aux acteurs externes qui tentent de nous saper que nous ne plierons pas et resterons fidèles à nos valeurs ».
La présidente du Parlement a indiqué quelle superviserait elle-même la mise sur pied, dici la nouvelle année, dun « large paquet de réformes », incluant « un renforcement du système de protection des lanceurs dalerte » de linstitution, mais aussi « une interdiction de tous les groupes damitié non-officiels ».
À propos de ces groupes, elle a souligné ne pas pouvoir présumer dactes illégaux quelconques. Mais a assuré quil y a « depuis un certain temps une demande croissante de sintéresser à ces groupes de membres », où il ny a « pas assez de contrôle sur qui paye les voyages, ce que vous recevez dans ces voyages, etc ».
Elle compte également examiner « en profondeur comment nous (le Parlement) interagissons avec les pays tiers ». « Je veux massurer que leurs interlocuteurs au Parlement européen soient bien ceux qui restent officiels », soit les membres désignés dune commission ou dune délégation. « Je pense quil y a beaucoup de travail à ce niveau-là, en termes de transparence ».
« Jaimerais quil y ait un nouveau registre de transparence obligatoire de toutes les réunions de parlementaires ou assistants avec les acteurs de pays tiers, et un nouveau régime de sanctions pour que ce soit respecté », a-t-elle encore annoncé.
Toujours dans ces réformes, la Maltaise indique quil y aura passage en revue du code de conduite et des obligations de déclaration de cadeaux reçus.
Si certains éléments nécessiteront un travail plus long, les institutions ont aussi la possibilité dagir immédiatement pour interdire laccès de certains individus à leurs
bâtiments, a-t-elle souligné. « Hier, l’ONG No Peace without Justice, qui serait connectée à l’enquête en cours et avait onze personnes accréditées, a été suspendue», a-t-elle annoncé. Il s’agit de l’ONG dont le secrétaire général, Niccolo
Figa-Talamanca, a été interpellé, inculpé et placé sous mandat darrêt ces derniers jours, avec leurodéputée Eva Kailli, un assistant parlementaire qui est également son compagnon ainsi que lex-eurodéputé Pier Antonio Panzeri.
https://www.lesoir.be/483246/article/2022-12-15/le-qatar-soupconne-de-corruption-l a-presidente-du-parlement-europeen-annonce-des?referer=%2Farchives%2Frecherch e%3Fdatefilter%3Dlastyear%26sort%3Ddate%2520desc%26word%3DAntonio%2520P anzeri
Fight impunity, le paravent idéal pour des activités suspectes
La lutte contre limpunité est un combat tout à fait noble, mais pour lONG italienne basée à Bruxelles, cest nettement plus flou. Une nébuleuse dassociations tourne autour de lassociation de Panzeri et consorts.
Non, on na rien sur Fight impunity. » A part lacte constitutif de lASBL déposé devant notaire le 25 septembre 2019, pas la moindre trace des comptes de lONG au greffe du tribunal de lentreprise de Bruxelles. La loi est pourtant très claire, les comptes doivent être déposés chaque année. Et si aucun bilan nest envoyé après trois ans, le tribunal peut dissoudre lassociation. Ce qui nest pas le cas pour linstant de Fight impunity dont lappellation exacte est « Association Against Impunity and Transitional Justice » (AITJ).
Créée en septembre 2019 par lancien député européen (de 2004 à 2019) Pier Antonio Panzeri, lONG voit grand dès le départ. Pour asseoir sa crédibilité et marquer le coup, elle fait appel à quelques « parrains » prestigieux car elle nest pas la seule sur le créneau de la lutte contre limpunité et pour la justice transitionnelle… Plusieurs ONG réputées dont Human Rights Watch et Amnesty International — pour ne citer que les plus connues — sont actives sur le créneau depuis beaucoup plus longtemps.
Des « parrains » prestigieux
Parmi les membres du conseil dadministration honoraire de Fight impunity, on trouve le Prix Nobel de la paix 2018 et gynécologue congolais Denis Mukwege, lancien
Premier ministre français Bernard Cazeneuve, lancienne Commissaire européenne (de 1995 à 1999) italienne Emma Bonino, lex-Commissaire à lImmigration grec Dimitris Avramopoulos, lex-Haute représentante de lUE pour les Affaires étrangères Federica Mogherini ainsi que la Suédoise Cecilia Wikström, députée européenne de 2004 à 2019.
Quatre dentre eux (Cazeneuve, Mogherini, Avramopoulos et Wilström) ont dailleurs démissionné immédiatement après les premières révélations du Soir et de Knack le 9 décembre. Au même moment, les noms des cinq membres de léquipe permanente (dont Francisco Giorgi, le compagnon de lex-vice-présidente du Parlement européen Eva Kaili) ont mystérieusement disparu du site.
« Oui, jai fait partie du conseil consultatif (de Fight impunity, NDLR) », confirme Emma Bonino au quotidien italien La Repubblica le 11 décembre, « mais je nai jamais été consultée. Le conseil na jamais été convoqué ».
Emma Bonino est aussi à la base de la création, en 1993, dune autre ONG italienne dont lantenne belge est logée à la même adresse que Fight impunity (41, rue Ducale, à 1000, Bruxelles) et qui a pignon sur rue au sein des institutions européennes : No Peace Without Justice (NPWJ). On retrouve dailleurs un des piliers de cette dernière, Gianfranco DellAlba (autre ex-eurodéputé), parmi les fondateurs de Fight impunity.
Bonino et DellAlba sont membres du Parti radical italien dont le logo apparaît également sur la façade du 41, rue Ducale.
Une quinzaine dautres ONG (ASBL ou AISBL) sont logées à la même adresse. Pour cinq dentre elles, on retrouve un nom qui revient souvent comme administrateur, celui de Niccolo Figa-Talamanca, le secrétaire général de NPWJ. Ce dernier a été interpellé le 9 décembre puis placé en détention en même temps que Panzeri, Kaili et Giorgi.
Les liens entre Panzeri et Talamanca ne sont pas très clairs mais ils se connaissent bien. En avril 2019, les deux hommes assistent ensemble à un colloque sur la lutte contre limpunité à Doha en présence du ministre qatari du Travail, Al Marri, cité plusieurs fois dans cette affaire. Toujours en 2019, Panzeri — quand il était encore député européen — et NPWJ ont organisé un colloque sur les mutilations génitales féminines.
Marie Arena très présente
Depuis les premières révélations de lenquête, Fight impunity apparaît de plus en plus comme une couverture pour des activités lucratives à des fins personnelles, même si rien nest prouvé pour le moment. M. Panzeri a créé son ONG fin 2019 après trois mandats successifs comme député européen et sans avoir été réélu cette année-là. Il connaissait donc suffisamment de monde pour pouvoir se lancer dans une nouvelle activité et trouver facilement des fonds européens.
Ce qui na pas tardé puisque Fight impunity parvient très rapidement à décrocher un important financement de la Commission pour un projet pilote en vue de la création de lObservatoire européen pour la lutte contre limpunité. Au sein du Parlement européen et plus spécifiquement du groupe S&D (Alliance progressiste des socialistes et des démocrates), lONG a notamment pu compter pour ce dossier sur le soutien de Marie Arena (PS).
Plusieurs événements et séminaires repris sur le site de Fight impunity mentionnent le nom de leurodéputée belge. Panzeri et Arena sont aussi très proches de par leurs activités communes au Parlement européen. La Belge reconnaît dailleurs aujourdhui quils étaient « amis ».
Daprès nos informations, des eurodéputés S&D (dont Marie Arena et Isabel Santos, qui siège aussi au conseil de Fight impunity) ont soutenu la demande de financement de lONG au comité des Affaires étrangères du Parlement européen pour le projet pilote. Et ça a marché. Montant octroyé : 175.000 euros, dont une première tranche de 43.750 euros a été versée le 23 février 2021. Soit un an et demi à peine après la création de lONG !
« En soi, cest un véritable exploit », commente une source bien au fait des demandes de financement dans une grosse ONG internationale. « Comme novice dans le milieu, vous pouvez toujours essayer dintroduire une demande similaire auprès des institutions européennes ; vous ny arriverez jamais… sauf si vous avez vos entrées aux bons endroits. Pour des ONG bien établies, ce nest pas toujours évident non plus. Elles ne voient pas dun bon œil larrivée de nouveaux venus parce quil y a beaucoup de concurrence sur ce créneau. »
Colloque avec l’Unesco
Hormis la mise sur pied de ce projet pilote, la principale activité de l’ONG de Panzeri consiste à organiser des séminaires, surtout à l’étranger. Entre 2020 et 2022, il y en a eu plusieurs en Mauritanie, en Grèce, en France et en Italie.
Les 2 et 3 décembre derniers, par exemple, Fight impunity a organisé à Bazoches-sur-Guyonne (près de Paris), un colloque sur la liberté des médias et la
protection des journalistes. Ce qui nest pas vraiment le « core-business » de lONG. Les partenaires ? Le service recherche du Parlement européen, la Maison Jean Monnet et lUnesco. Ici aussi on retrouve Marie Arena en sa qualité de présidente du sous-comité des Droits humains du Parlement européen (DROI).
Un rapport mondial pompé en Italie
Fin 2020, quelques mois seulement après sa création, Fight impunity publie un premier rapport annuel de lEtat de limpunité dans le monde. La brique de plusieurs centaines de pages est présentée au parlement européen le 11 décembre 2020.
Lannée suivante, le même rapport passe à 430 pages.
Dans le milieu des ONG de défense des droits humains, daucuns sétonnent quune association aussi récente soit capable de sortir un rapport aussi complet en si peu de temps. En lisant bien lintroduction, on apprend que ce volumineux rapport est en fait réalisé par lAssociazione Società Informazione Onlus (depuis 2003) et quil porte sur les « droits globaux » (sociaux, etc.) dans le monde. Léditeur est une petite société milanaise : Milieu Edizione.
LONG de Panzeri ne fait que « promouvoir » ce rapport mais lutilise à son avantage pour faire sa promo au sein des institutions européennes. Elle a donc dû négocier « quelque chose » pour pouvoir le reprendre à son compte. Quoi ? Mystère.
Le trait dunion entre Fight impunity et lAssociazione Società Informazione Onlus ? Luca Visentini et la Confédération européenne des syndicats (dont le siège est à Bruxelles) qui a participé pour la première fois, en 2022, à lédition du dernier rapport sur les droits globaux. Visentini a également été interpellé dans le dossier denquête puis libéré sous conditions.
Le sérieux de lassociation et de son comité scientifique (des académiciens de renom) nest pas en cause. Daprès nos informations recueillies en Italie, Società
Informazione Onlus bénéficie de soutiens du monde syndical italien et de lunivers des associations humanitaires.
Au vu de tous ses éléments, on peut en déduire que Pier Antonio Panzeri a pu utiliser
« son » ONG comme paravent pour ses pratiques douteuses. Lenquête permettra certainement dy voir plus clair dans les prochaines semaines.
La nébuleuse Talamanca
Par Philippe de Boeck
Sur la quinzaine dONG logées au 41 de la rue Ducale, le nom de Niccolo
Figa-Talamanca apparaît pour cinq dentre elles. On peut y ajouter une SPRL créée avec son épouse britannico-canadienne. Si des comptes ont bien été déposés pour cette dernière, ce nest pas le cas des cinq ASBL et AISBL dont « Justice for Jamal ». Aucun bilan annuel na été déposé au greffe du tribunal de lentreprise alors que cest une obligation légale.
Créer une « organisation non gouvernementale » (ONG) nest pas compliqué. Nimporte qui peut en créer une en vertu du principe de la liberté dassociation. Il faut être minimum deux pour créer une association sans but lucratif (ASBL) ou association internationale sans but lucratif (AISBL). Il faut lenregistrer chez un notaire et payer 95 euros. Après, il suffit de définir une raison sociale, des objectifs, constituer une équipe et le tour est joué. Et trouver des financements bien entendu…
En Belgique, le fisc fait la distinction entre les ONG reconnues et les autres. Les premières bénéficient dun régime fiscal particulier leur permettant de proposer la déductibilité fiscale pour les dons. Pour être agréée, une ONG doit respecter une série de conditions du SPF Finances : être une association dintérêt général déclarée depuis au moins trois ans ayant un caractère philanthropique, éducatif, scientifique, social, humanitaire, etc. Ce nest pas le cas des ONG de Talamanca.
Les ASBL ont lobligation détablir chaque année un budget pour lexercice suivant et le faire approuver par leur assemblée générale, au plus tard six mois après la clôture de lexercice comptable. Il existe une distinction entre petites et grandes. Une association est qualifiée de « grande » quand elle atteint ou dépasse au moins deux des trois critères suivants : cinq travailleurs, 312.500 euros de recettes ordinaires et 1,25 million deuros de total bilantaire.
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Les aveux du compagnon d’Eva Kaili
Le compagnon de leurodéputée Eva Kaili, Francesco Giorgi, est en aveux de corruption et dingérence au service du Maroc et du Qatar. Il implique Marc Tarabella dans une audition. Ce dernier nie toute corruption.
Le premier interpellé dans la vaste opération anti-corruption lancée vendredi par le parquet fédéral est passé à table devant les policiers et le juge dinstruction belges. Francesco Giorgi, lun des hommes clés du dossier présumé de corruption et dingérence au Parlement européen, en couple avec leurodéputée grecque Eva Kaili, est en aveux, selon des documents judiciaires consultés par Le Soir et La Repubblica.
Devant la police, puis le juge Michel Claise — qui la inculpé et écroué le week-end dernier pour corruption, blanchiment et comme membre dune organisation criminelle
—, Francesco Giorgi reconnaît avoir fait partie dune organisation utilisée à la fois par le Maroc et par le Qatar dans le but dintervenir dans les affaires européennes. Le mandat darrêt de Francesco Giorgi a été confirmé mercredi par la chambre du conseil de Bruxelles.
Le compagnon dEva Kaili, elle aussi inculpée et écrouée (elle ne passera en chambre du conseil que le 22 décembre prochain), affirme que Pier Antonio Panzeri,
lex-eurodéputé italien, serait bel bien le chef de cette organisation présumée.
Giorgi, le gérant du cash
Contacté par nos soins, lavocat de Pier Antonio Panzeri répond quil « ne dispose pas de ces informations » : « Ma seule réaction est quil est extraordinaire, alors que nous navons pas accès à cette pièce, que vous y ayez accès. Cest une violation du secret de linstruction qui pollue cette instruction », condamne Me Laurent Kennes.
Dans ses aveux, Francesco Giorgi reconnaît que son rôle dans « lorganisation » était de gérer largent liquide.
Tarabella nie avoir reçu de l’argent
Ces aveux ne sarrêtent pas là. Selon ces mêmes documents, Francesco Giorgi soupçonne deux personnes davoir touché de largent via M. Panzeri : les eurodéputés (groupe S&D) italien Andrea Cozzolino et belge Marc Tarabella.
Le socialiste a été perquisitionné à son domicile samedi soir en présence de la présidente du Parlement européen, Roberta Metsola, comme lont révélé Le Soir et Knack dimanche.
« M. Tarabella nentend pas commenter de supposés éléments denquête », réplique mercredi soir son conseil, Me Maxim Töller. Marc Tarabella « se tient à la disposition de la justice. Il nie totalement avoir jamais reçu la moindre proposition, ni la moindre somme dargent de qui que ce soit ». Une ligne quil avait déjà tenue lundi dans un entretien publié par Le Soir et Knack.
Questionné sur le fait davoir, oui ou non, reçu des cadeaux ou de largent dans cette affaire, M. Cozzolino na pas répondu à notre courriel.
Interrogé sur ses aveux et ces accusations envers, entre autres, Marc Tarabella, lavocat de Francesco Giorgi « invite à la plus grande prudence » dans ce que nous pourrions écrire, précisant sans détailler que « les choses sont plus nuancées que ce qui vous a été rapporté ».
Toujours interrogé sur des suspects qui auraient pu recevoir de largent de la part de Pier Antonio Panzeri, linculpé Giorgi indique enfin ne rien savoir au sujet de Marie Arena, dont il croit en lintégrité.
https://www.lesoir.be/art/d-20221214-3ZNF9R?referer=%2Farchives%2Frecherche% 3Fdatefilter%3Dlastyear%26sort%3Ddate%2Bdesc%26start%3D10%26word%3DAnto nio%2BPanzeri
Soupçons de corruption au Parlement européen: 1,5 million d’euros? Sans doute qu’un début, selon Van Quickenborne
Le ministre de la Justice Vincent Van Quickenborne (Open VLD) a répondu aux questions en commission de la Chambre ce mercredi, comparant cette enquête au dossier Sky-Ecc, qui a mené à des centaines darrestations dans le milieu du trafic de drogue
Le ministre de la Justice, Vincent Van Quickenborne (Open VLD), sattend à ce que les sommes en jeu dans lenquête en cours sur des faits de corruption par le Qatar dépassent le million et demi deuros dont parle le parquet fédéral jusquà présent, a-t-il indiqué mercredi en commission de la Chambre en réponse à une question de Samuel Cogolati (Ecolo-Groen).
L’enquête qui a mené à l’arrestation de quatre personnes, dont une des vices-présidentes du parlement européen et un ancien député européen, est en cours depuis un certain temps, a reconnu le ministre.
Comme nous lavons indiqué dans nos précédentes éditions, la Sûreté de lEtat est à lorigine de laffaire. Le service de renseignement belge avait déjà investigué ces soupçons de corruption avec les services dautres pays, selon le ministre. Selon nos informations, il est question dune visite furtive au domicile de lancien député Antonio Panzeri, lune des personnes sous mandat darrêt.
Le Qatar nest pas seul en cause, à entendre le ministre. Des médias évoquaient dans la matinée le Maroc. Le ministre na pas cité lEtat en question mais a expliqué que, dans le passé, celui-ci avait été mentionné pour des cas dimmixtion dans les affaires belges (il avait notamment été mis en cause pour son ingérence dans le fonctionnement de lExécutif des musulmans).
Les intérêts peuvent être légion. Pour nen citer quun : les droits de pêche. Dans ce dossier, il pourrait sagir dune immixtion par corruption. Ce sont des charges extrêmement sérieuses », a-t-il ajouté. Dans le passé, un accord de pêche conclu entre lUnion européenne et le Maroc avait été contesté parce quil était susceptible de sappliquer au Sahara occidental, une région dont Rabat revendique la souveraineté.
Pour le ministre, quoi quil en soit, l’affaire en cours est des plus sérieuses. Il la comparée au dossier Sky-Ecc, qui a mené à des centaines d’arrestations dans le milieu du trafic de drogue. « Ce dossier pourrait signifier la même chose dans la lutte contre l’immixtion illicite par d’autres Etats », a-t-il dit. Et dajouter : « Un Etat mafieux commence quand des parlementaires, des élus du peuple, sont corrompus contre de largent pour tenir un discours et adopter un comportement de vote déterminé. Cest la fin de lEtat de droit ».
Le Qatar sest manifesté auprès de députés belges, notamment par des invitations dans le pays pour y montrer les progrès des droits humains et des travailleurs étrangers. M. Cogolati, qui en a lui-même reçu et les a déclinées, a soumis le cas à la commission fédérale de déontologie. Le ministre de la Justice a indiqué que, selon ses informations, il ny avait actuellement pas denquête ouverte à ce sujet.
https://www.lesoir.be/483102/article/2022-12-14/soupcons-de-corruption-au-parlem ent-europeen-15-million-deuros-sans-doute-quun?referer=%2Farchives%2Frecherche
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Soupçons de corruption au Parlement européen: trois suspects restent en détention provisoire, un est sous surveillance électronique
La chambre du conseil du tribunal de première instance de Bruxelles a donné son verdict sur la détention provisoire de trois personnes écrouées pour des soupçons de corruption. Laudience dEva Kaili a été reportée au 22 décembre.
Dans le cadre dune grande enquête menée par le parquet fédéral et la police fédérale sur des soupçons dorganisation criminelle, de corruption et de blanchiment au Parlement européen, trois personnes ont comparu ce mercredi devant la chambre du conseil du tribunal de première instance de Bruxelles.
La chambre du conseil a confirmé ce mercredi la détention préventive de Francesco Giorgi, le compagnon de la vice-présidente Eva Kaili, et de Pier Antonio Panzeri,
ex-eurodéputé et président de lONG Fight impunity. Quant à Niccolo Figa-Talamanca, (un ressortissant dorigine italienne, actif dans le milieu des ONG, que nous nommions précédemment Monsieur « T. »), il reste détenu, mais sous les modalités du bracelet électronique, a communiqué le parquet.
L’audience de comparution devant la justice belge de l’eurodéputée grecque Eva Kaili, écrouée dans le cadre dun retentissant scandale de corruption présumée impliquant le Qatar, a été reportée au 22 décembre, a indiqué son avocat André Risopoulos à l’AFP. L’élue restera en détention jusque-là.
Si, endéans les 24 heures, appel est fait de cette décision, les personnes concernées comparaîtront devant la chambre des mises en accusation dans les quinze jours.
https://www.lesoir.be/483095/article/2022-12-14/soupcons-de-corruption-au-parlem ent-europeen-trois-suspects-restent-en-detention?referer=%2Farchives%2Frecherche
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Parlement européen: la Sûreté de l’Etat avait infiltré le domicile de Panzeri
Lenquête judiciaire sur les soupçons de corruption au Parlement européen a débuté après une enquête de renseignement de la Sûreté de lEtat en coopération avec dautres services européens. Linformation du « Soir » et de « Knack » est confirmée par le ministre de la Justice.
Lorsque les enquêteurs de lOffice central pour la répression de la corruption (OCRC) ont pénétré vendredi dernier dans la résidence bruxelloise de Pier Antonio Panzeri, ils nont pas été particulièrement surpris dy découvrir une importante somme dargent liquide. Pourquoi ? Parce quun autre service de sécurité y avait déjà observé le cash de lancien eurodéputé italien.
Depuis vendredi, le Parlement européen est sous le choc après la vaste opération lancée par le parquet fédéral pour corruption, organisation criminelle et blanchiment dargent. Les enquêteurs tentent de déterminer si le Qatar, mais aussi le Maroc, ont pu tenter dinfluencer la politique européenne à coup de billets de banque et de cadeaux. Mais comment cette enquête a-t-elle réellement commencé ? Un informateur secret a-t-il balancé Panzeri, Kaili et consorts ? La Belgique a-t-elle été tuyautée par un autre Etat ?
De Standaard rapportait mercredi matin qu« un rapport des services de renseignement, qui a été rédigé il y a quelques mois », était à lorigine de lenquête judiciaire. Sappuyant sur plusieurs sources bien informées, Le Soir et Knack révèlent la genèse de lenquête de lOCRC.
Ingérence
La Sûreté de lEtat ne travaille pas sur les partis ou les élus politiques, mais sur des menaces. Dans le cadre de cette mission, les noms dhommes politiques ou de partis peuvent toutefois apparaître dans le radar du service de renseignement.
La tâche la plus importante de la Sûreté de lEtat est de recueillir des informations sur les activités susceptibles de constituer une menace pour la sécurité du Royaume, telle que « lingérence dans les processus décisionnels ». Tout part de là. Dès 2021, la Sûreté de lEtat a lancé une enquête de renseignement sur lingérence dune puissance étrangère. Cest cette enquête qui a finalement abouti à lenquête judiciaire qui captive lEurope aujourdhui et met le Parlement européen sur des charbons ardents.
Contactée par nos soins, la Sûreté de lEtat ne fait aucun commentaire.
Opérations fantômes
Il nest pas rare que la Sûreté utilise des méthodes dites spéciales de renseignement (les « BIM ») dans de tels dossiers. Des méthodes validées par la commission ad hoc, constituée de magistrats professionnels chargés de juger la pertinence de la méthode en mettant en balance lintérêt de lenquête avec le droit à la vie privée. On pense aux écoutes téléphoniques ou aux opérations dinfiltration, par exemple. En dautres termes : bien avant que le parquet et la police ne commencent à travailler sur lorganisation criminelle présumée, certains analystes et agents opérationnels de la Sûreté de lEtat enquêtaient déjà sur ce dossier.
Selon nos informations, la Sûreté de lEtat a également coopéré avec cinq services de renseignement européens sur cette enquête ultra-sensible.
Une étape cruciale de lenquête de renseignement a été une visite clandestine au domicile bruxellois de lancien député européen italien Pier Antonio Panzeri, qui a, depuis, été arrêté et inculpé par le juge dinstruction Michel Claise. Selon nos sources, la Sûreté de lEtat avait observé chez lui environ 700.000 euros en liquide. Bingo !
Après cette « BIM » exceptionnellement intrusive, il y avait suffisamment de preuves dinfractions pénales présumées. Conséquence : une partie du dossier constitué par la Sûreté de lEtat a été déclassifiée et transférée au parquet fédéral. Cétait le 12 juillet 2022. Lenquête judiciaire pouvait alors commencer. Dès lors, la finalité devenait différente : la police et le ministère public doivent recueillir des preuves pour traduire des suspects en justice — un rôle bien distinct de celui de la Sûreté de lEtat.
« Le Sky-ECC du pot-de-vin »
La Sûreté de lEtat est le service de renseignement civil belge et compte aujourdhui 780 membres du personnel. Depuis mai 2022, le service est dirigé par Francisca Bostyn, administratrice générale par intérim.
Le service de renseignement joue depuis des mois un rôle crucial dans laffaire de corruption qui fait trembler le Parlement européen. « Cest le Sky-ECC du pot-de-vin », se félicite le ministre de Justice, Vincent Van Quickenborne (Open VLD). Une référence à la vaste enquête initiée par le craquage de cryptophones Sky-ECC, massivement utilisés par le crime organisé. Lenquête anti-corruption sur le Parlement européen est un « gamechanger » sur lequel « la Sûreté de lEtat travaille depuis plus dun an, en collaboration avec des services de renseignement étrangers, pour cartographier les soupçons de corruption de députés européens par divers pays
», poursuit le ministre de tutelle du service de renseignement. Vincent Van Quickenborne pense que cette enquête est « une illustration du fait que les investissements que nous faisons sont nécessaires. Après tout, nous avons investi massivement dans des ressources et du personnel supplémentaires pour la Sûreté de lEtat. Les effectifs auront doublé dici la fin de la législature ».
« Lune des principales tâches de la Sûreté est de lutter contre lingérence étrangère », rappelle le ministre. « Nous avons été trop naïfs à ce sujet pendant trop longtemps. Regardez ce que la Russie et dautres puissances étrangères ont fait dans le passé en termes dopérations clandestines dans notre pays. Nous sommes mieux préparés à cela. »
https://www.lesoir.be/483031/article/2022-12-14/parlement-europeen-la-surete-de-l etat-avait-infiltre-le-domicile-de-panzeri?referer=%2Farchives%2Frecherche%3Fdatefil ter%3Dlastyear%26sort%3Ddate%2Bdesc%26start%3D10%26word%3DAntonio%2BP anzeri
Face au scandale de corruption, le Parlement européen se débat pour regagner la confiance
Lors de la séance plénière à Strasbourg, les eurodéputés ont dit leur volonté de créer une commission denquête parlementaire pour faire la lumière sur le scandale de corruption. Eva Kaili, inculpée, a été démise de ses fonctions de vice-présidente.
La confiance met longtemps à se construire. Et se détruit en quelques secondes. » Réunis en séance plénière à Strasbourg cette semaine, les eurodéputés ont dit leur « colère » et leur « déception » après le scandale de corruption qui secoue linstitution. Lors dun débat, les différents groupes politiques, y compris le S&D dont plusieurs membres sont impliqués, se sont mis daccord pour la création dune commission denquête parlementaire. Depuis un peu moins dune semaine, le Parlement européen est secoué par une enquête judiciaire sur des soupçons de corruption de la part du Qatar.
En parallèle, les groupes politiques Renew, S&D, PPE mais aussi les Verts/ALE et la Gauche (soutenus par la Commission européenne) ont poussé pour la création dun comité déthique indépendant qui scruterait les différentes institutions européennes.
« La corruption érode la confiance, et nous devons nous défendre avec toute la force de la loi », a appelé Ylva Johansson, la commissaire européenne aux Affaires intérieures. « Nous devons avoir une tolérance zéro pour la corruption. Elle est un crime sérieux qui sape notre démocratie, notre économie, notre société. » Les normes anticorruption « devraient toujours être les plus élevées (dans les institutions européennes, NDLR), cest ce que nous attendons des autres et nous devons lexiger de nous-mêmes. »
« Je suis fière de la réaction de cette chambre face à cet horrible scandale », a déclaré la cheffe de groupe S&D, Iratxe Garcia Perez. Plusieurs de ses membres, dont la Grecque Eva Kaili, lex-eurodéputé italien Pier Antonio Panzeri et le Belge Marc Tarabella, sont cités dans laffaire. La cheffe de file espagnole a aussi insisté sur la disponibilité de son bord politique pour collaborer avec la justice belge. « Nous ne pouvons pas laisser le comportement criminel de quelques-uns saper lhonneur des membres du Parlement européen. »
Devant les bancs quasi vides dune assemblée en crise, des parlementaires de tous bords ont enchaîné les discours pour rappeler leur responsabilité délus face aux citoyens européens. « Les régimes autocrates ont essayé de nous acheter et continueront à essayer. Mais nous ne sommes pas à vendre », a plaidé Hannah Neumann (Verts/ALE), qui siège aux côtés de Marc Tarabella dans plusieurs commissions. La Hongroise Katalin Cseh (Renew) a appelé à « une réforme urgente sur les cadres applicables au lobbying », notamment ceux entourant les « Etats tiers
» (les pays non-membres de lUE). Raphaël Glucksman (S&D), engagé dans la lutte contre lingérence étrangère, la rejoint, estimant devoir « trancher dans le vif » et « affronter les lobbies ». Le PPE néerlandais Jeroen Lenaers a déploré un scénario digne de Netflix. La Belge Assita Kanko (Conservateurs et réformistes européens, ECR) a appelé à « prévenir » de nouveaux scandales et à « agir pour préserver lindépendance et la liberté », ainsi que « nos droits qui doivent être préservés des ingérences de pays tiers ».
Dans les prochaines semaines, le cadre de la commission denquête parlementaire comme de ce comité déthique indépendant doivent être précisés.
Une procédure rare
Plus tôt dans la journée, leurodéputée grecque Eva Kaili (aujourdhui incarcérée) a été démise de ses fonctions de vice-présidente du Parlement européen au terme dune procédure rare. La quasi-totalité des eurodéputés se sont prononcés en faveur (seul le Croate Mislav Kolakusic ayant voté contre). Elle a été inculpée pour corruption, blanchiment et organisation criminelle. Le Parlement européen na en revanche pas les pouvoirs pour la démettre de son mandat deurodéputée, une procédure qui relève de son pays dorigine. Près dun million deuros en cash ont été saisis à son domicile et dans une valise transportée par son père.
« Sa position est quelle est innocente. Elle na rien à voir avec une corruption du Qatar», a indiqué en début de journée son avocat, Michalis Dimitrakopoulos, à la télévision grecque Open TV. Elle na « aucun rapport avec largent retrouvé à son domicile (…) elle ne connaissait pas lexistence de cet argent », a-t-il encore assuré à lAFP dans la soirée.
Plusieurs eurodéputés, comme la commissaire Ylva Johansonn, ont dit leur satisfaction face au courage et au travail de la justice belge. La Commission européenne, elle, propose un « paquet anticorruption » pour le mois de janvier.
Mardi après-midi, le Belge Marc Tarabella, dont le domicile a été perquisitionné, a été suspendu par le groupe européen socialiste, mais également par le PS belge, le temps de lenquête. Interrogé par Le Soir, ce dernier a juré navoir « jamais reçu de cadeau du Qatar ».
Critiqué pour un voyage au Qatar et des tweets soulignant les « progrès considérables » en matière de droit du travail, le commissaire Margiritis Schinas sest défendu ce mardi : « Cétait le premier événement sportif global post-pandémie, et lEurope ne pouvait pas en être absente », a-t-il déclaré en parlant de la Coupe du monde de football. Désormais, toutes les prises de parole sur le Qatar sont scrutées.
https://www.lesoir.be/482887/article/2022-12-13/face-au-scandale-de-corruption-le- parlement-europeen-se-debat-pour-regagner-la?referer=%2Farchives%2Frecherche%3 Fdatefilter%3Dlastyear%26sort%3Ddate%2Bdesc%26start%3D20%26word%3DAntoni o%2BPanzeri
Scandale de corruption européen: plus d1,5 million d’euros cash saisi chez Panzeri et Kaili (photo)
Au total, cest plus dun million et demi deuros dargent liquide qui a été découvert chez lex-eurodéputé italien et leurodéputée grecque.
Au total, cest plus dun million et demi deuros dargent liquide qui a été découvert chez lex-eurodéputé italien Pier Antonio Panzeri et leurodéputée grecque Eva Kaili. Voici une photo de cette saisie, obtenue par Le Soir et Knack.
Lors dune perquisition au domicile bruxellois de Pier Antonio Panzeri, les enquêteurs de la police judiciaire fédérale avaient découvert environ 600.000 euros. En ajoutant largent trouvé en possession du père dEva Kaili et au domicile bruxellois de cette dernière et de son compagnon Francesco Giorgi, cest plus dun million et demi deuros qua permis de découvrir la vaste enquête anti-corruption sur le Parlement européen.
Ce mardi, lavocat de Mme Kaili a affirmé que celle-ci navait reçu aucun pot-de-vin du Qatar : « Sa position est quelle est innocente. Elle na rien à voir avec les pots-de-vin du Qatar », a affirmé Me Michalis Dimitrakopoulos sur la chaîne privée grecque Open TV. Lavocat a toutefois assuré à nos confrères ne pas savoir si de largent avait effectivement été retrouvé chez sa cliente et entre les mains de son père, venu lui rendre visite en Belgique.
Flagrant délit
Pour rappel, le père de Mme Kaili avait été intercepté par les enquêteurs à lhôtel Sofitel de Bruxelles, en possession dune valise débordant dargent liquide. Cest ce flagrant délit qui a permis aux enquêteurs et au juge dinstruction de perquisitionner le domicile de Mme Kaili sans requérir une levée dimmunité parlementaire. Des objets de valeur, suspectés de lui avoir été offerts par des officiels qataris, ont été trouvés et saisis dans cette résidence à côté dautres sacs de billets.
Panzeri, Kaili et Giorgi ont tous trois été inculpés et placés sous mandat darrêt par le juge dinstruction Michel Claise, a annoncé dimanche le parquet fédéral. Ils passeront tous trois, ainsi quun quatrième homme incarcéré dans cette affaire, en chambre du conseil ce mercredi. La chambre du conseil décidera de leur maintien ou non en détention.
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Le Maroc également dans le viseur de la justice
Plus dun million et demi deuros a été retrouvé en cash par les enquêteurs, en Belgique, dont une partie importante chez Pier Antonio Panzeri, député européen. Largent aurait des origines qataries et cest dailleurs autour de lEtat du Golfe que se concentre lenquête.
Mais il ressort de documents judiciaires obtenus par le Morgen et divers médias internationaux (plusieurs journaux italiens et un marocain) que le Maroc est également dans le viseur de la justice. Panzeri, peut-on y lire, est ainsi soupçonné dêtre « intervenu politiquement auprès de députés européens en faveur du Qatar et du Maroc, contre paiement », ce que savaient sa femme, sa fille et sa compagne, cette dernière ayant même donné des ordres à Panzeri sur la manière de dépenser largent obtenu.
Sa femme et sa fille, elles, auraient participé « au transport de cadeaux », lesquels auraient été faits par lambassadeur marocain en Pologne, Abderrahim Atmoun. Le Morgen a tenté de le contacter, en vain.
« Le couple Panzeri et C. a, par exemple, utilisé la carte de crédit dune troisième personne, appelée le géant », ressort-il des documents. Ce « géant » est probablement lambassadeur marocain, même si ce nest pas mentionné tel quel.
Panzeri et Atmoun se décrivent comme « bons amis » sur les réseaux sociaux, et se retrouvent régulièrement en tant que coprésidents dun organe déchanges entre les Parlements européen et marocain.
En 2013, Panzeri a par ailleurs rendu visite à Atmoun au Maroc, en compagnie de Marc Tarabella, et quelques années plus tard avec le compagnon dEva Kaili.
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Soupçons de corruption: «La justice belge fait ce que le Parlement européen n’a pas su faire», souligne Alexander de Croo
Le Premier ministre souligne le travail des enquêteurs et du monde judiciaire belge.
Visiblement, la justice belge fait ce que le Parlement européen na pas su faire
lui-même », a commenté mardi le Premier ministre belge Alexander De Croo au sujet de la vaste enquête concernant des faits présumés de corruption visant des membres du Parlement européen. Le « système dautocontrôle » de linstitution européenne naurait ainsi « pas fonctionné ».
Les perquisitions et interpellations des derniers jours sont, rappelle-t-il, le résultat de plusieurs mois de travail. Il nest pas encore confirmé officiellement que le corrupteur présumé est le Qatar, mais cela confirmerait quil y a « beaucoup de problèmes » autour de la Coupe du Monde de football attribuée à ce pays, ajoute-t-il.
Quatre personnes sont actuellement sous mandat darrêt, parmi lesquelles leurodéputée grecque Eva Kaili. Plus dun million et demi deuros en argent liquide été découvert durant les perquisitions, chez elle, auprès de son père venu lui rendre visite, chez son compagnon (collaborateur dun eurodéputé), ainsi que chez un ancien eurodéputé, Pier Antonio Panzeri, a révélé Le Soir.
Un débat sur les « soupçons de corruption de la part du Qatar » et la « nécessité, plus largement, de transparence et de responsabilité au sein des institutions européennes » a lieu ce mardi après-midi à Strasbourg, où se rassemblent justement les
eurodéputés en plénière cette semaine.
https://www.lesoir.be/482807/article/2022-12-13/soupcons-de-corruption-la-justice- belge-fait-ce-que-le-parlement-europeen-na-pas?referer=%2Farchives%2Frecherche% 3Fdatefilter%3Dlastyear%26sort%3Ddate%2Bdesc%26start%3D20%26word%3DAnto nio%2BPanzeri
Cash, flagrant délit et perquisitions sensibles: le récit de trois jours dune enquête anti-corruption inouïe
Deux logements bruxellois ensevelis sous largent cash : cest la découverte ahurissante des enquêteurs, vendredi après-midi en perquisition, à lissue dun scénario rocambolesque qui a fait tomber une vice-présidente du Parlement européen et vu Marc Tarabella perquisitionné à son domicile.
En planque devant la résidence de leurodéputée grecque Eva Kaili, les unités spéciales de la police fédérale attendent patiemment depuis laube de ce vendredi 9 décembre que Francesco Giorgi, le compagnon de la vice-présidente S&D du Parlement européen (PE), daigne sortir du domicile conjugal situé rue Wiertz, en plein quartier des expat à Bruxelles. En raison de limmunité parlementaire de la Grecque, la police ne peut pas entrer dans la place.
Assistant parlementaire européen et lun des responsables de lONG Fight impunity, lItalien est un suspect majeur de la vaste opération anti-corruption du parquet fédéral lancée ce matin-là et préparée minutieusement depuis la mi-juillet. Un dossier très sensible, traité au départ par une poignée de magistrats et denquêteurs et placé « sous embargo ». Autrement dit, les premiers procès-verbaux de la procédure ne sont pas versés dans la banque de données nationale de la police, histoire déviter toute fuite.
Pour les enquêteurs de lOffice central pour la répression de la corruption (OCRC) qui pilotent lenquête sous la direction du juge financier Michel Claise, la saisie du téléphone de Giorgi et son interrogatoire sont cruciaux. A peine est-il sorti du garage que les hommes des unités spéciales lui tombent sur le râble. Son interpellation sera le coup denvoi dune série de 16 perquisitions dans le milieu européen, dans plusieurs communes de Bruxelles et de la périphérie. Tout juste publiée vendredi par Le Soir et Knack, la nouvelle fait le tour du monde.
600.000 euros en liquide
Les policiers, renforcés par des effectifs de plusieurs composantes de la police judiciaire fédérale, vont visiter les adresses de plusieurs assistants parlementaires européens, fonctionnaires du Parlement mais aussi poser des scellés sur les bureaux de ces mêmes assistants. Ils vont surtout perquisitionner la résidence bruxelloise de lex-eurodéputé (2004 — 2019) et président de Fight impunity, Pier Antonio Panzeri.
Les enquêteurs vont y découvrir environ 600.000 euros en cash. M. Panzeri est soupçonné par les magistrats et enquêteurs dêtre à la tête dune véritable organisation criminelle, financée par un Etat étranger — en lespèce le Qatar — pour influer à laide dargent et de cadeaux sur des décisions politiques et économiques du Parlement européen. Sur tout le continent, cest la stupéfaction. En pleine Coupe du monde de foot.
Agé de 67 ans, lItalien est membre du mouvement démocrate et progressiste italien Articolo Uno, né en 2017 dune scission au sein du Parti démocrate. Il a présidé, entre janvier 2017 et juillet 2019, la sous-commission des droits de lHomme du Parlement. Il a également présidé la délégation pour les relations avec les pays du Maghreb.
En 2017, après une enquête de lOlaf — lOffice européen de lutte anti-fraude —, le Tribunal de lUnion européenne avait rejeté le pourvoi introduit par M. Panzeri contre une décision du Parlement de 2016 qui lui enjoignait de rembourser 83.764 euros indûment perçus.
Assistants visés
Outre Panzeri et Giorgi, deux autres hommes sont embarqués pour audition dans ce coup de filet matinal : le « patron » des syndicats, Luca Visentini, tout juste élu à la tête de la Confédération syndicale internationale (CSI), ainsi quun quatrième ressortissant dorigine italienne, actif dans le milieu des ONG, Monsieur « T. »
A midi, lopération judiciaire est déjà une réussite. De largent cash a été découvert et plusieurs téraoctets de données saisis.
Car parallèlement à ce coup de filet, les policiers ont perquisitionné plusieurs domiciles dassistants parlementaires — tous liés au groupe S&D — mais aussi des fonctionnaires européens, des lobbyistes, plusieurs associations. Dont Fight impunity, au cœur du dossier Panzeri et consorts. Ils ont emporté GSM et ordinateurs. Au Parlement européen, plusieurs bureaux de ces mêmes assistants sont scellés en vue dune prochaine saisie. Dont les bureaux dassistants des eurodéputés belges Marie Arena et Marc Tarabella. Interrogée, la socialiste soutient que son assistante a travaillé pour lONG de M. Panzeri, ce qui expliquerait, daprès la députée, les questions de la justice : « Ça na rien à voir avec le fait quelle est mon assistante ».
Cest à mi-journée quintervient un coup de théâtre. Ont-ils été prévenus par la presse de larrestation de Francesco Giorgi ? Toujours est-il quun homme sort de lhôtel Sofitel du quartier européen. Il nest autre que le père dEva Kaili. Lui et son épouse logent pour quelques jours à Bruxelles. Le beau-père de Francesco Giorgi transporte une valise. Oh, rien de spécial : le format « cabine ». Si ce nest que lintérieur est bourré de billets de banque. En coupures de 50 euros. Il est intercepté par une équipe de police.
A la Coupe du monde qui se déroule en ce moment à Doha, on appellerait cela du « football panique ». En langage judiciaire, cest un flagrant délit. Les autorités considèrent dès lors que limmunité parlementaire dEva Kaili ne tient plus.
Au centre de la police fédérale, on mobilise immédiatement une grosse dizaine dofficiers de retour des premières perquisitions matinales. Ils seront accompagnés pour loccasion du juge dinstruction Claise en personne. Tous partent rendre visite à lune des 14 vice-présidents de lhémicycle. La perquisition qui nétait pas prévue au programme. Ils ne sont pas au bout de leurs surprises.
Cadeaux « signés » du Qatar
Dans cette résidence, les enquêteurs vont découvrir des sacs entiers dargent liquide, comme lont écrit samedi nos confrères de LEcho. Largent garnissait des sacs à main et des sacs de voyage de luxe. « Ce sont des choses quon observe généralement en perquisition chez des trafiquants de drogues », glisse une source proche du dossier. Le liquide est disséminé en coupures de 20 et 50 euros. La police na pas encore pu détailler le montant précis du magot, car une partie est envoyée pour analyses scientifiques. Mais, de sources concordantes, il y avait approximativement 600.000 euros dans la valise du père, et au minimum 150.000 euros cash dans lappartement dEva Kaili. Estimation prudente. Mieux (ou pire, cest selon), le logement dEva Kaili était aussi garni de cadeaux portant la signature du pays soupçonné de corruption : des médailles ou autres objets de valeur offerts par le Qatar. Autant déléments sur lesquels le couple Kaili — Giorgi, mais aussi le père de leurodéputée, ont dû sexpliquer tout le week-end.
« Vendredi soir, on pleurait de joie », rapporte une seconde source proche de lenquête. « Même si, en prenant du recul sur les faits, cest dune gravité inouïe. Ça donne un peu la nausée. »
Leurodéputée et son compagnon passeront deux nuits « au cachot », entre les auditions des enquêteurs puis du juge. Le père de lancienne vedette de la télévision grecque passera lui aussi une nuit en détention, avant dêtre libéré après son interrogatoire intervenu samedi.
Metsola acheminée chez Tarabella
Alors que lattention médiatique se concentre tout le week-end sur Bruxelles et ce scandale sans précédent, les autorités judiciaires préparent une dernière opération très sensible : il est décidé de perquisitionner le domicile dun autre eurodéputé en exercice. Le Belge Marc Tarabella (PS).
Vendredi, le bureau dun ex-collaborateur de M. Tarabella au Parlement européen, G.M., avait été mis sous scellés. G.M. avait précédemment été un des assistants de Pier Antonio Panzeri. Le bourgmestre de la commune dAnthisnes (province de Liège), eurodéputé daoût 2004 à juillet 2007 puis à nouveau à partir de juillet 2009, est
vice-président de la délégation pour les relations avec la Péninsule arabique au Parlement européen.
Pour les besoins de cette perquisition, la présence de la présidente de lhémicycle, Roberta Metsola, est requise. « Larticle 59 de la Constitution belge requiert en effet que la présidence du Parlement soit présente en cas de perquisition chez un parlementaire européen élu en Belgique. Le Parlement européen et la présidente Metsola sopposent fermement à toute corruption et coopèrent activement et pleinement avec les enquêteurs et les autorités judiciaires », rapporte une porte-parole du PE.
Le juge fait venir en urgence de Malte Mme Metsola. Elle atterrit tardivement à Bruxelles, alors que le temps presse, puisque les perquisitions ne sont autorisées que jusquà 21h. Les policiers roulent à toute allure jusquà Anthisnes pour y dépêcher la présidente. Léquipe arrivera tout juste à temps. Le temps demporter le GSM et le matériel informatique de leurodéputé PS.
Initialement furieux de la désignation du Qatar comme pays hôte de la Coupe du monde 2022, Marc Tarabella sétait fortement adouci dès lan passé, multipliant même les interventions en faveur du pays du Golfe. Il a effectué plusieurs visites officielles au Qatar. Avant de dénoncer un présumé « Qatar bashing » dans une série de conférences et dinterventions médiatiques à lapproche de la Coupe du monde.
Lintéressé a fait savoir quil navait « rien à cacher » et indiqué vouloir collaborer à lenquête.
Dimanche, on apprenait finalement la libération sous conditions du «super-syndicaliste » Luca Visentini. Mais surtout linculpation pour corruption, blanchiment et organisation criminelle d’Eva Kaili, de Francesco Giorgi, de Pier Antonio Panzeri et de T. Tous les quatre ont été écroués. La chambre du conseil se prononcera sur leur maintien ou non en détention dans les cinq jours.
Lissue de 72 heures dune opération judiciaire qui fait trembler sur ses bases la démocratie européenne.
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Corruption au Parlement européen: Marie Arena se met en retrait de la présidence de la sous-commission droits de l’Homme
Le bureau dune collaboratrice de leurodéputée belge Marie Arena a été mis sous scellés dans le cadre de lenquête sur des soupçons de corruption liée au Qatar.
Une grande enquête fait trembler le Parlement européen depuis vendredi où plusieurs personnalités importantes, dont la vice-présidente grecque Eva Kaili, sont accusées de corruption liée au Qatar.
Parmi les noms qui intriguent la justice, selon les informations du Soir et de Knack,
est cité celui de Marie Arena, eurodéputée belge (S&D). Marie Arena a dans le passé partagé avec Marc Tarabella le temps de travail de G.M., un collaborateur parlementaire qui intéresse la justice puisque son bureau a été mis sous scellés vendredi.
Un autre bureau a été provisoirement interdit daccès avant le week-end : celui de D., une collaboratrice qui travaille ou a travaillé également pour lONG de lancien parlementaire Pier Antonio Panzeri, Fight Impunity. Pour rappel, M. Panzeri a été placé sous mandat darrêt, son lieu de résidence bruxellois et les locaux de son association ont été perquisitionnés. D. na pas répondu aux sollicitations du Soir .
Ce lundi, leurodéputée a annoncé se retirer temporairement de la présidence de la sous-commission droits de lHomme du Parlement européen. « Ceci jusquà ce que toute la clarté soit faite ». Un des vice-présidents assurera la présidence des réunions de la sous-commission.
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Info «Le Soir»: le Qatar soupçonné de corruption en plein cœur de l’Europe
Quatre interpellations et 16 perquisitions ont été réalisées ce vendredi à Bruxelles dans le cadre dune vaste enquête anticorruption menée par le parquet fédéral. Un ancien eurodéputé et le patron de la Confédération internationale des syndicats ont été privés de liberté, soupçonnés davoir reçu les faveurs du Qatar. Révélations du « Soir » et de « Knack ».
La justice belge a lancé une vague de perquisitions vendredi 9 décembre au matin, à lissue dune enquête ouverte mi-juillet 2022 sur une organisation criminelle présumée, infiltrée au cœur du Parlement européen et soupçonnée dingérence dans la politique de lUnion et de corruption par le Qatar, révèlent Le Soir et Knack. Deux personnalités publiques, dont un ex-eurodéputé italien du groupe Socialistes et démocrates (S&D), viennent dêtre interpellées.
Cette affaire potentiellement explosive, éclatant en pleine Coupe du monde de football, a abouti ce vendredi à de premières perquisitions et interpellations à Bruxelles, comme nous le confirme le parquet fédéral : « La police judiciaire fédérale a mené 16 perquisitions (à 14 adresses différentes) dans plusieurs communes bruxelloises. Notamment à Ixelles, Schaerbeek, Crainhem, Forest et Bruxelles-Ville. Ces perquisitions ont été réalisées dans le cadre dune vaste enquête pour des faits présumés dorganisation criminelle, de corruption et de blanchiment dargent. »
Argent et cadeaux
Lenquête ultra-sensible, coordonnée par le parquet fédéral, est instruite par le juge Michel Claise, spécialisé dans les matières financières. Les devoirs denquête sont menés dans la plus grande discrétion depuis plus de quatre mois par lOffice central pour la répression de la corruption (OCRC).
Les enquêteurs anticorruption « soupçonnent un pays du Golfe de tenter dinfluencer les décisions économiques et politiques du Parlement européen », avance le parquet fédéral dans sa réponse à nos deux médias. Comment ? En « versant des sommes dargent conséquentes ou en offrant des cadeaux importants à des tiers ayant une position politique et/ou stratégique significatives au sein du Parlement européen. » Le parquet ne mentionne pas le Qatar. Mais plusieurs sources bien informées ont indiqué au Soir et à Knack quil sagissait bien de lEtat organisateur de la Coupe du monde.
Selon nos informations, lancien eurodéputé S&D, lItalien Pier-Antonio Panzeri, le Secrétaire général fraîchement élu de la Confédération internationale des syndicats (lItuc) Luca Visentini, ainsi quun directeur dONG et un assistant parlementaire européen, ont tous les quatre été interpellés dans la matinée. Ils sont présumés innocents.
Le parquet fédéral nous confirme dailleurs « linterpellation pour audition » — en procédure Salduz 4, cest-à-dire en tant que suspects et en présence dun avocat — de quatre individus « nés en 1955, 1969, 1971 et 1987 ». Ils pourraient être présentés devant le juge sous 48 heures, qui déciderait alors déventuels mandats darrêt.
Tous ces suspects ont la nationalité ou une origine italienne. En public, ils sont très actifs dans des associations et ONG pro-droits de lHomme. M. Panzeri est dailleurs le président de Fight impunity, une ASBL promouvant « la lutte contre limpunité pour de sérieuses violations des droits humains » et la justice internationale. Selon nos
informations, le siège de Fight impunity situé en plein centre de Bruxelles (rue Ducale) a subi une perquisition ce matin.
Coffre-fort bien garni
Les perquisitions de ce matin ont permis aux officiers dirigés par le juge Claise de mettre la main sur plus dun demi-million deuros en liquide. Selon les informations du Soir et de Knack, ces quelque 600.000 euros cash ont été découverts dans la résidence bruxelloise de lancien eurodéputé.
Luca Visentini a été élu en novembre Secrétaire général de lItuc. Une confédération de syndicats du monde entier, dont des organisations belges, représentant au total plus de 200 millions de travailleurs.
Pour le Qatar, il sagirait de défendre « sa » Coupe du monde de football tant décriée, et les progrès supposés de lémirat sur les droits humains ou les conditions de travail des migrants.
Des assistants parlementaires visés
Preuve de la sensibilité du dossier, « cette opération visait en particulier des assistants parlementaires européens », conclut le parquet fédéral en réponse à nos questions. Chez eux, cest essentiellement du matériel informatique et des téléphones qui ont été saisis par les enquêteurs. « Ces éléments seront analysés dans le cadre des investigations. »
Parmi les personnes concernées par les perquisitions, Le Soir et Knack identifient quatre assistants parlementaires proches du groupe S&D (y compris celui qui a été privé de liberté), lun de ces assistants est également lié au groupe PPE (droite). Les enquêteurs ont encore « visité » les domiciles de deux conseillers et dune fonctionnaire du Parlement européen. Sans compter des directeurs de groupes de pression actifs dans lUE.
En réponse à nos sollicitations, le service presse du Parlement européen déclare « ne pas commenter les procédures judiciaires en cours » : « Comme toujours, le Parlement européen coopère entièrement avec les autorités nationales compétentes. Pareil dans ce dossier spécifique », déclare-t-il.
Bruxelles pullule à la fois despions, mais aussi de lobbyistes, en raison de la présence de lOtan et des institutions européennes. Les investigations tentent toutefois de déterminer si les acteurs du dossier ne sont pas allés bien au-delà du simple lobbying. On parle de corruption présumée au sein du seul organe européen élu au suffrage direct. Par un Etat étranger, régulièrement accusé depuis lattribution de la Coupe du monde de violer les droits humains dopposants politiques, de personnes LGBTQ+ et des 2 millions de travailleurs migrants qui peuplent lémirat gazier.
Les dizaines de policiers et magistrats impliqués dans lopération ont célébré, à leur manière, la journée internationale de lutte contre la corruption.
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Le Qatar soupçonné d’arroser de gazo-dollars le Parlement européen
En pleine Coupe du monde, la justice belge a lancé vendredi une opération « mains propres » retentissante. Cinq personnes interpellées, dont une eurodéputée attrapée en flagrant délit, et des centaines de milliers deuros en liquide saisis. Le Qatar est soupçonné davoir corrompu la démocratie européenne.
Séisme au Parlement européen (PE). La justice belge a lancé une vague de perquisitions vendredi 9 décembre au matin, à lissue dune enquête ouverte mi-juillet 2022 sur une organisation criminelle présumée, infiltrée au cœur de lEurope et soupçonnée dingérence dans la politique de lUnion et de corruption par le Qatar, ont révélé Le Soir et Knack en primeur sur leurs sites web. Deux personnalités publiques, dont un ex-eurodéputé italien du groupe Socialistes et Démocrates (S&D), et le « patron » mondial des syndicats, ont été interpellées en matinée. Suivis quelques heures plus tard par une autre privation de liberté retentissante : celle dune vice-présidente en exercice de lhémicycle, la Grecque Eva Kaili.
Cette affaire potentiellement explosive, éclatant en pleine Coupe du monde de football, est le point de départ dune enquête qui sannonce tentaculaire. La police judiciaire fédérale a mené au moins 17 perquisitions dans plusieurs communes bruxelloises et en périphérie. « Notamment à Ixelles, Schaerbeek, Crainhem, Forest et Bruxelles-Ville », avait confirmé le parquet fédéral. « Ces perquisitions ont été réalisées dans le cadre dune vaste enquête pour des faits présumés dorganisation criminelle, de corruption et de blanchiment dargent. »
Un demi-million en liquide
Lenquête ultra-sensible, coordonnée par le parquet fédéral, est instruite par le juge Michel Claise, spécialisé dans les matières financières. Les devoirs denquête sont menés dans la plus grande discrétion depuis plus de quatre mois par lOffice central pour la répression de la corruption (OCRC).
Les enquêteurs anticorruption « soupçonnent un pays du Golfe de tenter dinfluencer les décisions économiques et politiques du Parlement européen », confirme le parquet fédéral. Comment ? En « versant des sommes dargent conséquentes ou en offrant des cadeaux importants à des tiers ayant une position politique et/ou stratégique significatives au sein du Parlement européen ». Le parquet ne mentionne pas le Qatar. Mais plusieurs sources bien informées ont indiqué au Soir et à Knack, au cours dune enquête journalistique de plusieurs semaines, quil sagissait bien de lEtat organisateur de la Coupe du monde.
Lancien eurodéputé S&D, lItalien Pier Antonio Panzeri, le secrétaire général fraîchement élu de la Confédération syndicale internationale (CSI) Luca Visentini, ainsi quun directeur dONG et un assistant parlementaire européen, ont tous les quatre été interpellés dans la matinée. Les perquisitions de ce matin ont permis aux officiers dirigés par le juge Claise de mettre la main sur plus dun demi-million deuros en liquide. Selon les informations du Soir et de Knack, ces quelque 600.000 euros cash ont été découverts dans la résidence bruxelloise de lancien eurodéputé. Deux membres de sa famille proche ont été interpellés en Italie.
Flagrant délit
Mais les opérations ne se sont pas arrêtées là. En fin de journée, nous révélions la perquisition à son domicile bruxellois et linterpellation dEva Kaili. Agée de 44 ans, lancienne présentatrice de la télévision grecque est eurodéputée depuis 2014. Lun des quatorze vice-présidents de lhémicycle européen. F.G., lassistant parlementaire (dun eurodéputé S&D) privé de liberté plus tôt dans la journée, nest autre que le compagnon de Mme Kaili.
La perquisition au domicile de lélue, protégée par limmunité parlementaire, semble indiquer quelle aurait été surprise en flagrant délit dinfraction(s). Le parquet fédéral na pas souhaité commenter cette déduction, à lissue dune journée folle. Son parti grec (le Pasok) puis son groupe au PE — les S&D — ont annoncé après quelques heures avoir suspendu leur membre « avec effet immédiat ».
Tous les cinq ont été emmenés pour auditions. Ils pourraient être présentés devant le juge sous 48 heures, qui déciderait alors déventuels mandats darrêt. Tous sont présumés innocents.
Réseau italien
A lexception de leurodéputée, ces suspects ont la nationalité ou une origine italienne. En public, ils sont très actifs dans des associations et ONG pro-droits de lhomme. M. Panzeri est dailleurs le président de Fight impunity, une ASBL promouvant « la lutte contre limpunité pour de sérieuses violations des droits humains » et la justice internationale. Le siège de Fight impunity situé en plein centre de Bruxelles (rue Ducale) a subi une perquisition vendredi matin. Sollicitée, lASBL na pas livré de réaction.
Luca Visentini, quant à lui, a été élu en novembre secrétaire général du CSI. Une confédération de syndicats du monde entier, dont des organisations belges, représentant au total plus de 200 millions de travailleurs.
Pour le Qatar, il sagirait de défendre « sa » Coupe du monde de football tant décriée, et les progrès supposés de lémirat sur les droits humains ou les conditions de travail des migrants. Lambassade du Qatar en Belgique na pas répondu à notre demande de réaction.
Les bureaux des assistants d’Arena et Tarabella mis sous scellés
« Cette opération visait en particulier des assistants parlementaires européens », précise le parquet fédéral. Chez eux, cest essentiellement du matériel informatique et des téléphones qui ont été saisis par les enquêteurs. « Ces éléments seront analysés dans le cadre des investigations. »
Parmi les personnes concernées par les perquisitions matinales, on dénombre quatre assistants parlementaires liés au groupe S&D (y compris F.G., privé de liberté), lun de ces assistants est également lié au groupe PPE (droite). Les enquêteurs ont encore « visité » les domiciles de deux conseillers et dune fonctionnaire du PE. Sans compter des directeurs de groupes de pression actifs dans lUE.
Le bureau dune assistante parlementaire de leurodéputée belge Marie Arena a été placé sous scellés judiciaires dans le courant de la journée, nous confirme lancienne
ministre : « Jétais là quand ça sest passé, quand les personnes ont posé les scellés. Cest bien le bureau de mon assistante. Mais on a posé ces scellés parce quelle a travaillé pour lONG Fight impunity, je crois, en 2019. Elle a été perquisitionnée ce matin et cest dans la poursuite de la perquisition à son domicile quils ont scellé le bureau au Parlement », explique Marie Arena. « Ça na rien à voir avec le fait quelle est mon assistante », assure leurodéputée. Le bureau des assistants de Marc Tarabella a lui aussi été mis sous scellés. Leurodéputé a répliqué sur Twitter à une rumeur infondée concernant son propre bureau : « Le bureau sous scellés nest pas le mien mais bien celui dun assistant, dans le même couloir, qui fut durant plusieurs années assistant de M. Panzeri. Cest probablement à ce titre que la police est intervenue ». Le PE n’a pas souhaité commenter.
Pas du simple lobbying
En réponse à nos sollicitations, le service presse du PE déclare « ne pas commenter les procédures judiciaires en cours » : « Comme toujours, le Parlement européen coopère entièrement avec les autorités nationales compétentes. Pareil dans ce dossier spécifique », déclare-t-il. Le groupe S&D a assuré « une complète transparence » et se dit « consterné par les allégations de corruption ».
Bruxelles pullule à la fois despions, mais aussi de lobbyistes, en raison de la présence de lOtan et des institutions européennes. Les investigations tentent toutefois de déterminer si les acteurs du dossier ne sont pas allés bien au-delà du simple lobbying. On parle de corruption présumée au sein du seul organe européen élu au suffrage direct. Par un Etat étranger, régulièrement accusé depuis lattribution de la Coupe du monde de violer les droits humains dopposants politiques, de personnes LGBTQ+ et des deux millions de travailleurs migrants qui peuplent lémirat gazier.
Les dizaines de policiers et magistrats impliqués dans cette opération « mains propres » ont célébré, à leur manière, la journée internationale de lutte contre la corruption.
Luca Visentini, le super-syndicaliste
Luca Visentini, 53 ans, a été lune des premières personnes interpellées vendredi matin en vue dêtre entendue par les officiers anti-corruption, à son domicile bruxellois. En 2011, lItalien est devenu Secrétaire de lorganisation faîtière CES, la Confédération européenne des syndicats. Le mois dernier, à Melbourne (Australie), il a pris du galon étant élu Secrétaire général de la Confédération syndicale internationale (CSI), une organisation qui compte 200 millions de membres dans le monde.
Selon le journal suisse Swissinfo, la CSI posait un « problème pour le Qatar » et le syndicat avait posé à plusieurs reprises des questions sur la Coupe du monde au Qatar. Fin octobre, Visentini avait rencontré le ministre qatari du Travail, Al Marri. Nous avons contacté la CSI pour obtenir une réponse mais nen avons reçue aucune. En fin de journée, la Confédération publiait toutefois un communiqué laconique : « Pas de commentaire. »
Antonio Panzeri, le porteur de cash
Par Joël Matriche et Louis Colart
Agé de 67 ans, lancien eurodéputé Pier Antonio Panzeri est membre du mouvement démocrate et progressiste italien Articolo Uno, né en 2017 dune scission au sein du Parti démocrate. Député européen de 2004 à 2019 au nom du Groupe de lAlliance Progressiste des Socialistes et Démocrates (S&D), il a présidé, entre janvier 2017 et juillet 2019, la sous-commission des droits de lhomme du Parlement. Avant de céder le flambeau à la Belge Marie Arena (S&D). Il a également présidé la délégation pour les relations avec les pays du Maghreb.
En 2017, après une enquête de lOlaf – lOffice europen de lutte anti-fraude -, le Tribunal de lUnion européenne a rejeté le pourvoi introduit par M. Panzeri contre une décision du Parlement de 2016 qui lenjoignait à rembourser 83.764 europs indûment perçus.
En septembre 2019, il a fondé lASBL Fight Impunity, dont il assume aujourdhui encore la présidence. Domiciliée rue Ducale à Bruxelles, bénéficiant de ses entrées au Parlement européen, lassociation a pour première mission de « promouvoir la lutte contre limpunité en cas de violations graves des droits de lhomme et de crimes contre lhumanité ». Cette ASBL a été perquisitionnée ce vendredi, ses responsables nont pas réagi à nos sollicitations.
Il est également administrateur de lAssociation des anciens députés au Parlement européen, dont lobjet est de « promouvoir les relations entre anciens députés et députés actuels au Parlement » et qui a pour singularité dêtre domiciliée à la même adresse que le Parlement, rue Wiertz à Bruxelles.
Lors des perquisitions menées ce vendredi, plus dun demi-million deuros en cash a été découvert au domicile bruxellois de M. Panzeri, celui-ci a été appréhendé par les policiers et doit être auditionné.
La députée Eva Kaili exclue de son parti Par Joël Matriche et Louis Colart
Architecte de formation, ancienne présentatrice du journal télévisé, la Grecque Eva Kaili est entrée au Parlement européen en 2017 sous les couleurs du Pasok (Mouvement socialiste panhellénique) pour le groupe S&D. Le Pasok et son groupe parlementaire européen lont suspendue sans délai.
Elle est depuis janvier 2022 vice-présidente de linstitution, aux côtés de treize autres députés.
Son compagnon, F. G., a été lassistant dAntonio Panzeri (lire ci-contre) et collabore avec lASBL Fight Impunity dont M. Panzeri assure la présidence. Contactée par Le Soir et Knack, lassociation na pas souhaité réagir. Elle a par contre supprimé de son site internet la composition de son équipe. Suspecté de faire partie dun schéma de corruption qui serait initié par le Qatar, cet assistant parlementaire a été appréhendé vendredi matin par les enquêteurs afin de pouvoir sexpliquer.
Sa compagne, Mme Kaili, a également été interpellée pour être auditionnée et son domicile a été perquisitionné. Une procédure qui nest possible — les députés bénéficient de limmunité parlementaire — que si un flagrant délit est constaté.
Lors dun débat le 9 décembre à Strasbourg, Mme Kaili sest distinguée par des propos à contre-courant à légard du Qatar : « La Coupe du monde au Qatar est la preuve, en fait, de la façon dont la diplomatie sportive peut réaliser une transformation historique dun pays avec des réformes qui ont inspiré le monde arabe.
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https://www.lesoir.be/482264/article/2022-12-10/le-qatar-soupconne-darroser-de-g azodollars-le-parlement-europeen?referer=%2Farchives%2Frecherche%3Fdatefilter% 3Dlastyear%26sort%3Ddate%2Bdesc%26start%3D30%26word%3DAntonio%2BPanzeri

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