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Sahara Occidental : Le Département des affaires juridiques de l’ONU met le Maroc en colère

Parmi les points évoqués par la note du département des affaires juridiques figurent l’abandon par le Polisario de sa demande d’apposer ses tampons sur les passeports du personnel de la MINURSO, à condition que l’ONU évite également les tampons marocains à l’est du mur de défense. L’ONU aurait aussi accepté, en principe, de limiter les déplacements officiels vers et depuis le Sahara occidental à des départs depuis Rabat ou Casablanca.

Une note confidentielle du Département des affaires juridiques de l’ONU, révélant les discussions récentes entre le Secrétariat des Nations Unies et le Front Polisario, a suscité une vive réaction du Maroc. Le document fait état de concessions envisagées par l’ONU sur des questions jugées sensibles par Rabat, notamment celles liées au statut du Sahara Occidental et au « traitement égal » réclamé par le Polisario.

Parmi les points évoqués figurent l’abandon par le Polisario de sa demande d’apposer ses tampons sur les passeports du personnel de la MINURSO, à condition que l’ONU évite également les tampons marocains à l’est du mur de défense. L’ONU aurait aussi accepté, en principe, de limiter les déplacements officiels vers et depuis le Sahara occidental à des départs depuis Rabat ou Casablanca. D’autres sujets abordés concernent l’exploitation des ressources naturelles, l’usage de l’appellation « Laâyoune, Maroc », le classement des ports de Laâyoune et Dakhla, la représentation cartographique du territoire et la diffusion des lettres du Polisario au Conseil de sécurité.

Dans une correspondance confidentielle adressée à Rabat, l’ambassadeur du Maroc à l’ONU, Omar Hilale, dénonce une « complaisance » du Secrétariat envers les revendications du Polisario et une orientation jugée hostile aux intérêts marocains. Il alerte sur l’ouverture d’un « nouveau front diplomatique », axé sur des enjeux juridiques et de souveraineté.

Le ministère marocain des Affaires étrangères a formellement réagi en rejetant toute mesure pouvant être interprétée comme une reconnaissance implicite du Polisario ou une remise en cause de la souveraineté du Maroc sur le Sahara. Rabat rappelle que seul l’État marocain est reconnu par l’ONU comme interlocuteur de la MINURSO, en vertu de l’accord sur le statut des forces (SOFA), et affirme que le Polisario ne dispose ni de légitimité juridique ni de contrôle territorial.

Le Maroc demande enfin au Secrétariat de l’ONU de clarifier sa pratique vis-à-vis du Polisario, de cesser l’usage de termes assimilables à une reconnaissance étatique et de consigner explicitement, dans les rapports officiels, les violations imputées au mouvement séparatiste.

Note du Département des affaires juridiques

Suite aux précédentes notes d’information décrivant les questions importantes auxquelles la MINURSO est confrontée, les points supplémentaires suivants résument l’issue finale de la série de récentes réunions au siège des Nations Unies entre l’ONU et le Frente Polisario (FP), aboutissant à la réunion entre Mulet (ASG-DPKO) et Boukhari (FP) le 3 juillet.

Les autres questions d’« égalité de traitement/égalité de statut » soulevées par le Frente Polisario et la réponse du Secrétariat à celles-ci sont les suivantes :

Réaction d’Omar Hilale

CONFIDENTIEL

Monsieur le Ministre des Affaires Étrangères et de la Coopération
Rabat

DESTINATAIRE PRINCIPAL :
CAB/1 – CAB/2 – SG/4 – DG/8/1

FAX N° : F/DATE : 18 juillet 2014PAGE(s) :

OBJET : Question nationale / Note de briefing du Département juridique.

J’ai l’honneur de vous faire parvenir, ci-joint, une note de briefing préparée à l’attention du Conseiller Juridique des Nations Unies, en relation à différents aspects de la question du Sahara marocain, discutés récemment entre le Secrétariat de l’ONU et le « polisario », ainsi que les « résultats finaux » de ces discussions.

Cette note confidentielle a été remise à cette Mission par une source amie au Secrétariat.

La note précise que le « polisario » a évoqué ces questions pour un « traitement égal / statut égal ».

Ci-après les manœuvres du « polisario » et le « résultat de ses discussions » avec OLA et le Secrétariat, tels que contenus dans cette note :

  1. Tampon des documents de voyage du personnel des Nations Unies :
    – Le « polisario » n’y insisterait pas à condition que la MINURSO évite les tampons de la partie marocaine.
    – Il a été agréé, en principe, que l’ONU évitera tout voyage officiel à partir/vers le Sahara, sauf à partir de villes à l’intérieur du Maroc (Casablanca/Rabat). Les fonctionnaires de la MINURSO seront instruits de suivre la même pratique pour leurs déplacements personnels.
    – Cette solution sera discutée « et espérons-le » complètement résolue, lors de la réunion du Représentant spécial avec le « polisario » à Tindouf, avant la fin de son mandat.
  2. Arrêt de l’exploitation des ressources naturelles du Sahara par le Maroc :
    – OLA et l’ONU ont toujours maintenu le statut du Sahara comme « territoire non autonome », et « les droits légaux de son peuple sur ses ressources naturelles ».
    – Toutefois, il revient aux États membres et aux organes intergouvernementaux de respecter ces principes.
  3. Arrêter d’utiliser la désignation « Laayoune, Maroc » en tant qu’adresse de la MINURSO :
    – OLA a suggéré que le DPKO doit plutôt utiliser « Laayoune à travers Casablanca, Maroc » pour éviter les problèmes avec les deux parties.
  4. Changer les codes de la Commission Économique des Nations Unies pour l’Europe (CEE), qui listent les ports de Laayoune et Dakhla sous le Maroc (ainsi que sous le « Sahara occidental ») :
    – OLA va contacter la CEE pour lui clarifier le statut du Sahara à l’ONU.
  5. S’assurer que le « Sahara occidental » est désigné correctement dans toutes les cartes des Nations Unies et dans d’autres contextes :
    – OLA s’est assuré que toutes les cartes des Nations Unies désignent clairement et correctement « le Sahara occidental » en tant que territoire séparé. OLA a également confirmé que le Groupe d’Experts des Nations Unies sur les noms géographiques utilise la même désignation.
  6. Le « polisario » souhaite que la circulation de ses lettres en tant que documents officiels du Conseil de Sécurité puisse reprendre :
    – Il s’agit, selon les règles de procédure, d’une prérogative des seuls Secrétaire Général et États membres des Nations Unies.
    – Les lettres du « polisario » ne peuvent être distribuées en tant que documents officiels qu’à travers un État membre.
    – Sinon, ces lettres pourront être circulées officieusement, à la discrétion du Président du Conseil.
    – Un État membre doit sponsoriser le « polisario » pour organiser une conférence de presse ou stakeout.

Commentaires :

– Les références au « territoire non autonome » et aux ressources naturelles s’inscrivent dans le sillage de l’orientation partisane du rapport du Secrétaire Général d’avril dernier et procèdent d’un état d’esprit hostile au Maroc au sein du Secrétariat.
– Cette note confirme que le « polisario » se focalise actuellement sur des aspects d’ordre juridique et de « souveraineté » et cherche à « obtenir un traitement égal avec le Maroc ».
– Elle dévoile la compréhension et la complaisance du Secrétariat vis-à-vis des manœuvres du « polisario », ainsi qu’une disponibilité à les accommoder.
– Cette quête du « polisario » pour un « traitement paritaire » avec le Maroc ouvre un nouveau front diplomatique qui augure de batailles ardues sur les aspects juridiques et les attributs de souveraineté, aussi bien avec les adversaires de notre intégrité territoriale, qu’avec le Secrétariat et la MINURSO. Ce qui appelle une plus grande vigilance tant à New York qu’à Laayoune.
– Dans cette perspective, il serait hautement souhaitable de préparer, dans les meilleurs délais possibles, un argumentaire consolidé afin de l’opposer au Secrétariat pour contrer ses dérives dangereuses.

Réaction du ministère marocain des affaires étrangères

A

Monsieur le Secrétaire général

Objet : Réactions du Maroc à la Note de Briefing du Département des Affaires juridiques de l’ONU

Conformément à vos instructions, j’ai l’honneur de vous soumettre ci-joint, le document, élaboré par la Direction des Nations Unies et la Direction des Affaires Juridiques et des Traités, mettant en exergue la réaction du Maroc par rapport à la Note de Briefing du département des Affaires juridiques des Nations Unies sur différents aspects soulevés par le polisario relatifs à la question du Sahara marocain.

Le document se subdivisera en deux parties, la première mettant en avant les réponses du Maroc aux idées avancées par le polisario et la seconde présentera des questions à adresser au Secrétariat de l’ONU pour « l’épingler » sur quelques aspects en lien avec le statut du polisario et le traitement qui lui est réservé par le Secrétariat

  1. Réponses du Maroc au document du Département des Affaires Juridiques de l’ONU :
  1. La demande du Polisario d’apposer son tampon sur les passeports des membres de la Minurso en mission à l’Est du mur :
  1. La thématique du statut du Territoire :
  1. L’ONU ne peut décider au sujet d’un traitement égal /statut égal :
  1. Le polisario ne peut pas faire circuler des documents :
  1. Questions du Maroc pour « épingler » et « complexer » le Secrétariat :
  1. Pourquoi le Secrétariat a des attitudes visant à faire du polisario le représentant de la population sahraouie ?
  1. Pourquoi certains services du Secréterait considèrent L’Est du dispositif de sécurité sous le contrôle du polisario ?
  1. Comment le Secrétariat peut-il expliquer le fait que les rapports du Secrétaire général utilisent les termes « autorités du FP » ?
  1. Pourquoi le polisario dispose d’un badge permanent pour l’accès à l’ONU ?
  1. Pourquoi les responsables de la MINURSO rencontrent des représentants de soi disant institutions nationales « sahraouies » ?
  1. Pourquoi la MINURSO passe sous silence les restrictions imposées par le polisario sur la liberté de mouvement aux observateurs militaires et leur escorte durant la nuit ?

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